Fongauffier-sur-Nauze

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Sagelat a rendu un hommage discret à Catherine Pintos.

 

 

 

 

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Ce mardi 29 septembre Sagelat rendait le dernier hommage à Catherine Vanin-Pintos.

 

Catherine Vanin naquit en 1928 à Valleroy, dans le Pays de l'Orne, aux portes de Briey. Sa famille transalpine était venue en Lorraine pour fuir le fascisme de Mussolini. Notons que Valleroy, en 1982, éprouvera le désir de sceller un lien de jumelage avec  Barisciano  une commune italienne, située dans la province de L'Aquila, dans la région Abruzzes, en Italie méridionale. Son père, comme tant d'autres de ses corrélégionnaires, a pris le chemin de la mine 

 

La vie de cette famille ouvrière de sept enfants tournait autour de la mine surtout pour les quatre garçons sur les pas de leur géniteur. Une vie difficile faite de labeur et de danger.

 

La guerre terminée Catherine, jeune fille, rencontra Eugène Pintos. Il parait quasiment inutile de rappeler les racines hispanisantes des Pintos, républicains espagnols bien trempés, qui ont du abandonner leur péninsule bien avant qu'elle ne soit aux mains d'un odieux tyran fasciste et clérical. La monarchie d'Alphons XIII paraissait, pour le moins, quasiment incompatible avec l'engagement syndical du beau-père de Catherine.

Leur idylle les amena au mariage, en 1946, à Bordeaux. Les jeunes époux, à la recherche d'une situation stable, ont tout d'abord marqué une courte escale en région parisienne pour repartir en Lorraine passer leurs premières années de mariage. C'est dans ce bassin ouvrier que naquit leur fils François.

 

Catherine a été une infatigable travailleuse. Elle occupa divers modestes emplois; employée de maison, ouvrière à la filature, ou serveuse.

 

C'est au milieu du siècle dernier que les jeunes Pintos ont élu domicile, à Sagelat, au Colombier, avec la belle famille  de Catherine et Émilien son beau-frère. À 22 ans, déracinée de la Lorraine de son enfance et de son adolescence, où réside sa famille, elle doit relayer sa belle-mère qui venait de décéder pour devenir la maîtresse de maison de sa belle famille.

 

Une autre pérégrination la conduit dans le midi où Eugène s'active dans de grands chantiers de travaux publics.

 

Les années 60 ramènent les Pintos sur les hauteurs sagelacoises de Péchaud  où ils restaurent leur maison et s'affairent dans le jardinage. C'est dans ce décor champêtre que les Pintos vont donner à leurs petits enfants les plus saines et belles vacances qu'il soit. La vie n'y est pas toujours facile car Catherine, en 1972, y est victime d'un accident cérébral. Elle fait face avec courage, lucidité et opiniâtreté et, par ailleurs, se révèle être un véritable cordon bleu. 

 

En 1991 Eugène est soustrait aux siens laissant Catherine bien désemparée.

 

Parler des Pintos en occultant l'épopée de la Résistance serait faire injure à leur idéal et à leurs solides convictions. L'un et l'autre ont toujours accompagné le devoir de mémoire. Leur militantisme était une constante; néanmoins elle laissait une grande place au bon voisinage, à la tolérance et à la compréhension.

 

C'est donc une authentique figure partisane que ses voisins et amis sont venus saluer une ultime fois ce 29 septembre. Son petit-fils, pour la famille, lui a rendu le vibrant hommage qu'elle a parfaitement mérité.

 



01/10/2015
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