Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Siorac a honoré sa doyenne, noble figure de la Résistance.

 

 

 

 

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Ce n'était pas encore la canicule mais presque. Maurice Clavière, pour les anciens C.V.R, et Bernard Grenier, pour l'A.N.A.C.R ouvrent le cortège funèbre.

 

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Il y avait environ 180 persoones pour accompagner Marthoue à sa dernière demeure.

 

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C'est son arrière petit-fils qui, fièrement, portait le coussinet  assorti de la Médaille de la Résistance.

 

 

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Lecture de Muriel Delmas, coprésidente locale de l'A.N.A.C.R

 

Monsieur le Maire,

 

Mesdames Messieurs les élus, Parents et amis de Marthe Gorse,

 

Amis de la Résistance et du devoir de mémoire,

 

 

 

Nous voici par cette belle journée estivale au piédroit de la sépulture de Marthe Gorse.

 

Ce village de Siorac qui l'a tant marquée perd une de ses figures que l'on n'est pas prêt d'oublier.

 

Essayons de tourner notre regard vers cette vie active et débordante qui a toujours été celle de Marthe, notre Marthoue. Didier Roques le maire de Siorac, ensuite, lui rendra l'hommage municipal qu'un village doit à sa doyenne.

 

Quand Marthoue poussa son premier cri, le 18 octobre 1919, l'encre du Traité de Versailles, depuis le 28 juin, était à peine sèche et le bruit des canons depuis un an s'était tu. Tout le monde croyait qu'après tant de douleurs et de sacrifices l'heure d'une solide et durable paix venait enfin d'arriver. L'histoire ne s'arrête jamais. Les enfants de cette génération élevés dans le culte du devoir de mémoire de cette immense tragédie ne savaient pas hélas qu'ils allaient connaître le plus monstrueux des conflits des péripéties de l'humanité.

 

Marthoue n'avait pas tout à fait 20 ans, le 3 septembre 1939, quand cette épouvantable guerre débuta. L'occupation qui débuta le  22 juin 1940, accentuée le 11 novembre 1942 par l'effondrement de la zone dite libre, ne pouvait laisser nos aînés insensibles aux assauts de cette barbarie stupide, haineuse et dévastatrice de notre culture et de notre civilisation.

 

Marthoue était de celles et de ceux pour qui entrer en Résistance était non seulement un choix mais aussi un devoir. Non Marthoue ne prit pas les armes mais elle entra en Résistance en s'improvisant "infirmière de terrain" et c'est sur les hauteurs sagelacoises de la colonie de vacances de Puy-Channat qu'elle apporta tout son savoir faire d'assistance aux blessés. Ils étaient hébergés, là, dans ce havre d'accueil où l'on trouvait des aviateurs luxembourgeois qui, eux aussi, avaient dit non à la barbarie nazie.

 

Qui n'a pas entendu "Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas…" cette magnifique figure de rhétorique, empruntée à "La Rose et le Réséda" de Louis Aragon!  Puy-Channat en était l'illustration parfaite. Dans ce repli résistant on trouvait des jeunes progressistes de sensibilités bien différentes et Marthoue, agnostique, était admirative de cette fraternité unitaire dans ce lieu frondeur ouvert par l'abbé Merchadou. Cet ecclésiastique, après quelques atermoiements et interrogations, prit, avec grandeur, fait et cause pour cette cause libertaire.

 

On notera que de ce disctret observatoire de Puy-Channat, la rage au cœur et impuissants, le 24 juin 1944, en signe de respect pour les partisans bassement fusillés à la sortie de Fongauffier, les partisans ont spontanément hissé les couleurs après cette lâcheté des soldats du Reich.

 

Marthoue sa vie durant resta d'une parfaite discrétion sur son riche parcours de résistante, tout juste quelques bribes ça et là.

 

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Oui nous confions aujourd'hui Marthoue à la terre sioracoise qu'elle a tant aimée mais nous en conviendrons tous son image n'est pas prête d'être oubliée.

 

 

 

 

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Après Muriel Delmas qui, en qualité d'amie de la défunte, parla de son engagement et Jacques Marty, pour les fidèles de Soleil rendit l'hommage de ses camarades ce fut à Didier Roques, maire,  de rappeler combien Mathoue était méritante dans bien domaines.

 

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Prise de parole de Didier Roques.

 

Marthoue,

 

 

C’est avec une très grande émotion que je prends la parole devant vous pour un dernier adieu à une figure de notre Commune.

 

Ici à Siorac, tout le monde connaissait Marthe Gorse dite Marthou. Doyenne de notre Commune, Marthoue faisait partie de l’histoire de Siorac et a vu notre Commune évoluer. Mémoire de notre Commune, elle prenait un grand plaisir à raconter la vie dans notre campagne avant la guerre, les secrets de notre Commune, l’origine des noms, de nos lieux-dit.

 

Avec sa disparition, c’est une page de la mémoire de Siorac qui s’éteint.

 

Marthoue est née en 1919, au sortir de la grande guerre, celle que tout le monde croyait être la dernière des dernières. C’était sans compter le retour des totalitarismes en Europe. Tout naturellement lors du second conflit mondial, Marthoue occupât une place importante dans la résistance locale. A Sagelat, Marthou devint l’infirmière du groupe Soleil pour venir en aide aux combattants de l’ombre blessés au combat. Toute sa vie durant, elle contribuât à faire vivre le devoir de mémoire, à ne jamais oublier le sacrifice de ceux, morts dans le maquis pour que la France reste la France.

 

Chaque année, elle éprouvait une grande joie de retrouver ses anciens camarades du groupe Soleil. Avec sa disparition, après celle de Soleil l’année dernière, c’est une page héroïque de notre histoire qui se tourne. Siorac et ses habitants continueront à faire vivre ce souvenir et avec lui le souvenir de Marthou.

 

La vie n’aura pas été tendre avec Marthoue, ce qui contribuât à forger son caractère. Avec la disparition de Louis, son mari en 1967 et la disparition brutale de Jean-Lou son fils en 2005 dont elle gardera cette douleur jusqu’au bout. Mais elle trouve du réconfort et de l’amour auprès de ces deux petits-fils, Jean-Christophe et Jean-Bernard, de sa belle-fille Monique mais surtout auprès de son arrière-petit-fils dont elle était si fière.

 

 

Personne n’oubliera son grand talent, inégalé à des kilomètres à la ronde. Elle était la spécialiste des fleurs en papiers pour les mariages, les baptêmes et les mais.

 

En évoquant Marthoue, tant de souvenirs reviennent à nous. Nous n’oublierons jamais son combat dans la Résistance et aussi son attachement à notre commune.

 

En mon nom personnel, au nom du Conseil municipal et au nom des Sioracoises et des Sioracois, j’adresse, Marthoue, à votre famille mes plus sincères condoléances.

 

 

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Marthoue, désormais, repose en terre sioracoise. Maurice Clavière, ému, la salue une ultime fois en inclinant son étendard.



12/07/2018
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