Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

La Dame Blanche mérite bien une belle escalade sylvestre.

 

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L'eau, là, limpide, fraîche et d'une parfaite transparence servait jadis à abreuver le bétail qui se rendait ou revenait de la pâture. Quand Rémy a mis en évidence, au bord du chemin rural, cette petite merveille oubliée qui, par sa forme, ressemble fort à une huitre il a regardé si ce point d'eau avait un hydronyme historique pour le désigner. Pour l'heure il semblerait qu'il n'y ait pas de trace d'identification. Sandrine et Rémy l'ont, tout naturellement, appelée la source de la Dame Blanche en appui à leur demeure où il y a quelques années une dame blanche s'était introduite là et s'était accordé la permissivité de l'accès profitant de l'ouverture d'un vasistas. Cette occupation ressemblait fort à celle du volatile qu'Alphonse Daudet a décrit dans "Les lettres de mon moulin".

 

Quelqu’un de très étonné aussi, en me voyant, c’est le locataire du premier, un vieux hibou sinistre, à tête de penseur, qui habite le moulin depuis plus de vingt ans. Je l’ai trouvé dans la chambre du haut, immobile et droit sur l’arbre de couche, au milieu des plâtras, des tuiles tombées. Il m’a regardé un moment avec son œil rond ; puis, tout effaré de ne pas me reconnaître, il s’est mis à faire : " Hou ! hou ! " et à secouer péniblement ses ailes grises de poussière ; — ces diables de penseurs ! ça ne se brosse jamais… N’importe ! tel qu’il est, avec ses yeux clignotants et sa mine renfrognée, ce locataire silencieux me plaît encore mieux qu’un autre, et je me suis empressé de lui renouveler son bail. Il garde comme dans le passé tout le haut du moulin avec une entrée par le toit.

 

 

À Rispe sommes nous à la porte d'un sanctuaire!

 

Dans notre bassin de vie quand on parle de Siorac on pense, tout à la fois, à la Dordogne, à ses riches berges alluvionnaires et à ce bourg scellant son charme d'antan au commerce moderne qui a supplanté les boutiques du siècle dernier. Certains pensent, à la rigueur, à ce creuset adjacent qui termine l'épanchement de la Nauze. On évoque bien plus rarement ses six ruisseaux et ruisselets et ses collines qui cisellent de merveilleux reliefs où les toponymes appellent la poésie, 

La ruralité sioracoise, au cours des siècles, a été marquée par une forte influence religieuse; citons La Croix, Le Couvent, Bois Béni, Barthalem. Plus prosaïquement on trouve Lastournière, champ de manœuvre des laboureurs ou lieu de tourneur, Roumegouse, lieu de ronciers, Souleillal, colline qui reçoit le soleil dès l'aurore, et tant d'autres lieudits qui façonnent le passé laborieux et paysan de cette attachante entité qui ne se limite pas seulement à sa riche vallée. La Tour de Castel Réal, vigile plus que millénaire de la vallée, et Pech Bracou, qui observe le sillon "nauzérois" et la confluence, sont les dominants de ce décor. Siorac a su se donner des odonymes qui identifient bien le passé de ce terroir avec, entre autres, le chemin des Véneries, le chemin noir, la route des Crabes Blanques et, tout récemment, ses édiles ont retenu la route des moulins.

Dans cet ensemble en lisière de Bessède on peut découvrir des petites merveilles qui se sont laissées envahir par la végétation mais qui, cependant, séduisent les visiteurs qui pensent qu'il n'est point impératif d'aller aux Seychelles pour s'enthousiasmer en regardant le permanent spectacle de la nature.

Le vendredi 13 juillet Sandrine et Rémy Bruneteau se préparaient à accueillir les amis de chemins ruraux et adeptes du patrimoine qui n'avaient pas pu, ou su, saisir l'opportunité du 23 juin pour leur présenter le chemin de la Dame Blanche et sa petite merveille la toute petite source qui ponctue cet escarpement. On n'attendait certainement pas une foule de passionnés mais il faut bien en convenir ce fut un revers plus que cinglant.  Trois personnes seulement, dont votre humble serviteur, se sont rendues à ce charmant lieudit de Rispe où la nature offre, à celles et à ceux qui veulent bien l'observer avec humilité,  un superbe panorama. 

 

 

 

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Qu'est ce qu'un sanctuaire.  Cela peut-être un édifice religieux, un lieu saint en général, voire  une partie de l'église située autour de l'autel, où s'accomplissent les cérémonies liturgiques.

Pour les amis de la nature qui se soustraient -ou peuvent se dégager- de tous concepts mystiques, aussi respectables qu'ils puissent être, c'est un lieu protégé contre toute agression : Cette île est un sanctuaire pour les oiseaux. Si l'on se place dans une situation défensive c'est un territoire d'importance vitale qui doit être défendu à tout prix.

C'est dans cet esprit là que nous devrions tous nous placer au niveau patrimonial en général et du patrimoine naturel en particulier. 

Les legs de nos aïeux, les chemins qu'ils ont créés, les édifices d'intérêt général qu'ils se sont évertués à imaginer, à bâtir et à transmettre sont pour une part des sanctuaires. Le Pont du Gard est, au niveau du génie civil, à mon humble sens, au moins autant un sanctuaire du savoir faire que les sites grandioses tel la mosquée Hassan II de Casablanca, Notre Dame de la Garde ou la basilique Westminster.

 

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Jean-Pierre apporte sa pierre à la restauration de la sente de la Dame Blanche.

 

  

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Des murailles multi-séculaires appelent à la reflexion de ces valeureux paysans-bâtisseurs qui, pour constituer des planches collinaires, ont mis tout leur savoir faire et leur courage pour valoriser les collines.

  

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Jean-Pierre apprécie le travail de Rispois, on ne peut pas dire de Romain, de recherche et d'harmonie mené par Rémy.

 

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Sur l'autre  flanc la fontaine-lavoir de Rispe, elle aussi, a fait l'objet du travail titanesque de Rémy.

 

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Dans la niche de la fontaine l'eau sourd de la roche calcaire. On imagine, avec respect, la considération que les Rispois du siècle précèdent donnait au fluide indispensable à la vie. Photo Marie Praderie.

 

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Une muraille qui témoigne de la vie paysanne  de cette colline. Photo Marie Praderie.

 

 

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Le crépuscule va emporter vers la nuit ce décor où l'on aperçoit les biches, les cerfs, les sangliers en quète d'une vie où la nature leur concède encore des espaces vitaux. Photo Marie Praderie.



18/07/2018
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