Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Un 27 mai chargé d'histoire locale et nationale.

 

 

 

 

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Marie-France Roubergue et Maryse Durand, fraîchement élues maire, Castelaud et Ste Foy vont effectuer leur première présence commune à un devoir de mémoire.  

 

Ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, le Comité cantonal de l'ANACR l'a choisi pour être l'unique jour annuel de recueillement pour tous les martyrs de la Résistance de ce secteur où l'occupant imposa des pertes douloureuses en juin 1944.

 

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Claude Hélion et Serge Orhand, maire de Larzac, deux habitués des cérémonies.

 

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Claudine et Chantal attendent l'heure.

 

Cette année, 70 ans après, bien peu de survivants de cette époque se reconnaissaient dans l'assistance dont Jean-Marc Belgaric, Cyprien Faget, Georges Fongauffier et Maurice Clavière. Tous tutoient le siècle.

 

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Après des décennies de servitudes militaires les colonels Pierre Chevassu et J-Paul Chaumell demeurent assidus lors des commémorations. 

 

La cérémonie de ce mardi, favorisée par une météo clémente, se devait d'être fortement marquée par l'anniversaire de 1944 et par le demi-siècle de présence au Panthéon de Jean Moulin.

 

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Les gendarmes, ces soldats de la paix, ont toujours facilité les cérémonies de commémoration. Leur présence ce 27 mai n'était que protocolaire. L'espace de la Résistance étant bien à l'abri des circulations. Merci à tous nos amis gendarmes, à l'adjudant-chef Francine Destrel, pour son assistance depuis plusieurs années, et aussi au major Pascal Cugny qui représenta le capitaine Chopard.  Au premier plan on reconnaît Yves Valade, premier maire-adjoint de Belvès remplaçant Christian Léothier.

 

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Dominique Franc, maire de Grives, à gauche et J-Claude Castagnau, maire de Vézac, à droite sont venus pour honorer Abel Lavialle, l'instituteur de Vézac, assassiné par la soldatesque du führer, le 7 juillet 1944 à deux pas de sa classe. Henri Bouchard, au centre, maire de Castels, est venu pour Georges Fabre, un cheminot cypriote abattu à Fongauffier le 24 juin 1944.

 

Il y avait sensiblement le même nombre d'élus présents qu'en 2012 lors de l'inauguration du mémorial. Pas moins de douze maires, le président de la communauté de communes et deux conseillers généraux, sans oublier les maires-adjoints, ont tenu à honorer ces partisans victimes de la furie des nazis en déroute.

 

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La sonnerie "Aux morts".

 

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On note la présence d'un groupe consistant de sapeurs-pompiers, dont une demi-douzaine de jeunes sapeurs. C'est grâce au capitaine honoraire Guy Ferber, gêné par les  contraintes scolaires de ses jeunes, et à son alter-ego du Bugue, ils se sont démenés pour ce résultat, que leur présence fut aussi importante.

 

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Maurice Clavière, cet ancien C.V.R de 94 ans, doyen des porte-drapeaux, félicité par Marlyn Gardner. Il pense chaque jour à l'épopée qui le le lia au Groupe Soleil. Il n'a jamais douté de son conducteur.

 

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Vincent Merlhiot et Pauline Markham ont fait l'appel des partisans. Chaque nom enchaîna le répons "mort pour la liberté".

 

Jacques Billant, préfet, représenté par Marlyn Garner, sous-préfète de Sarlat, le président Cazeau, remplacé par François Fournier, Christophe Taulu et Dominique Maradènes principal et principal-adjoint du collège Pierre Fanlac, Manuelle Sentis, directrice de l'école communale, le général Chinouilh, le colonel Ayraud, les capitaines de gendarmerie Chopard et Limonet, appelés ailleurs, ont regretté de ne pouvoir venir.

 

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"Le chant des partisans" et "la Marseillaise" ont été chantés par l'Ensemble vocal de Belvès sous la direction d'Andrée Westeel-Beelinck.

 

Ralph Finkler, souffrant, n'a pu venir et Jean-Paul Bedoin, secrétaire départemental de l'ANACR, ne pouvait se soustraire à la manifestation départementale.

 

Une petite méprise, bien vite rattrapée, perturba le protocole. La sous-préfète, représentant l'état, était, à tort, annoncée retenue à Sarlat. Elle arriva avec une ponctualité parfaite alors que la cérémonie commença avec trois minutes d'avance.

 

Les collégien, avec une diction parfaite, ont parfaitement éclairé la cérémonie . Ils se sont livré à l'appel des martyrs, à l'historicité de cette commémoration et la lecture, ô combien difficile, de la missive de Louis Cortot, un des derniers Compagnons de la Libération.

 

 

En hommage à Abel Lavialle

 et à tous les partisans qui ont donné leur vie,

lecture de Pauline Saillol.

 

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Pauline Saillol, 12 ans, fut la plus jeune intervenante. Au microphone elle mit en relief la rectitude d'Abel Lavialle. Muriel Delmas, présidente de l'ANACR, à l'arrière plan.

 

 

Mesdames, Messieurs,

 

C'est avec émotion et respect que je vais m'efforcer d'être à la hauteur de la mission que l'A.N.A.C.R m'a confiée pour cette journée consacrée au devoir de mémoire.

 

J'ai été désignée, certes, pour rendre hommage à tous les martyrs qui figurent sur ce mégalithe dont chaque année les populations locales s'attachaient à pérenniser le souvenir au pied des mémoriaux, là où ils ont été abattus par la répugnante soldatesque du führer, mais, aussi, pour qu'un citoyen exemplaire de Grives, ma commune, soit honoré, ici, 70 ans après sa mort héroïque pour n'avoir pas cédé sous la menace des armes en livrant des citoyens rebelles à l'occupation nazie. Abel Lavialle, un enfant de Grives, devenu instituteur à Vézac, symbolise, ô combien, l'esprit normalien et républicain qui fut celui de ces preux, héritiers des Hussards noirs de la République. Son nom ne doit pas sombrer dans l'oubli.

 

Abel Lavialle naquit à Grives le 25 juillet 1907. Après ses études secondaires il franchit brillamment les portes de l'École Normale d'Instituteurs de la Dordogne.

C'est à l'École communale de Vézac qu'il dispensa le savoir aux jeunes écoliers qui ont eu la chance, l'honneur et le privilège de l'avoir pour formateur.

La barbarie nazie ce 7 juillet 1944 fit, à Vézac, trois fillettes de 11, 8 et 3 ans,  orphelines. Ces pupilles de la nation vivent aujourd'hui dans le Languedoc. Abel Lavialle n'a pas eu la chance de voir naître ses trois petits-enfants et ses quatre arrière-petits enfants.

 

Grives, mon village, a aussi perdu son instituteur le 8 août au barrage de Tuilières dans l'un des affrontements pré-libératoires de notre Périgord.

Grives, par le legs généreux de la famille Delage de ce bloc de grès du pays, a donné sa signature à ce récent lieu de recueillement imaginé par l'A.N.A.C.R, porté par les élus de ce Val de Nauze, et inauguré, il y a deux ans, en présence de personnages d'exception. Sa marraine hispanisante étant Evelyn Mesquida, romancière, historienne et journaliste, rédactrice de "La Nueve" et son parrain, notre regretté Yves Bancon, ami de Jacques Manchotte, inoubliable évadé d'Autriche qui a su et a pu fausser compagnie à Goering. Il ne cessa d'être le chantre du devoir de mémoire pour ses compagnons.

 

Par mon double enracinement puisant sa vitalité dans l'Argone ardennaise et ces écarts de Bessède, deux bassins de vie bien différents mais tous les deux calés sur une historicité tumultueuse et frondeuse, je me devrai, un jour, de prendre le relais pour que ces sacrifices de nos martyrs ne soient pas anecdotiques mais rappellent combien la liberté n'est pas le fruit du hasard mais la résultante d'abnégations pour les générations futures.

 

 

Nous avons tous écouté, avec émoi, "Le chant des partisans", initialement "Le chant de la Libération", complainte officiellement composée et assemblée par Maurice Druon, Joseph Kessel et Anna Marly le 30 mai 1943, dans l'enceinte du pub de Coulsdon "The White Swan", dans la banlieue sud de Londres. Cette exhortation, devenue hymne de la Résistance, conçue en 1943 balaya les frontières pour devenir l'hymne de l'espoir des peuples oppressés.

 

 

Résister quel substantif plein de force, de finesse et de grandeur ! En coopération implicite avec la Résistancede terrain n'oublions pas cette noble Résistance des Forces françaises libres du général Leclerc, que mon grand père maternel accompagna pendant cinq ans, et qui ne renonça pas. La Résistance, celle que nous honorons aujourd'hui, c'est celle de deux instituteurs, deux modestes ouvriers agricoles, un agent des chemins de fer, des employés abandonnant le confort de leur travail de bureau pour entrer dans l'effervescence du chantier minier, vivier de partisans, où mon grand-père paternel travailla et où la délation n'exista pas, et d'humbles travailleurs de la Main d'œuvre internationale. Elle fut admirable.

La Résistance surpassa les félonies et les indignes calomnies. Elle établit ses fonts baptismaux bien loin dans l'histoire des peuples. Dans l'Antiquité elle fit face, avec plus ou moins de succès, aux invasions déferlantes. Les peuples d'Asie, d'Afrique, et d'Amérique, asservis par une autorité qu'ils ne reconnaissaient point, ont, aussi, fait acte de résistance. La résistance ce fut également un acte de foi, celui des cathares qui montèrent sur le bûcher à Monségur ou la longue captivité, 39 ans, sans rétractation, de Marie Durand  à Aigues-Mortes. Elle nous laissa "register", terminologie occitane du Vivarais traduisant résister, gravée dans la pierre de la Tour de la Reine Constance.

 

N'oublions pas tous les humbles résistants mais pour qu'il y eut des acteurs il fallut qu'il y eut un catalyseur. Madame le Préfet votre présence, qui nous honore tous, nous amène à penser au personnage de Jean Moulin, fondateur du C.N.R dont le socle se scella le 27 mai 1943 à Paris. Jean Moulin, préfet de la République, eut à choisir entre accepter et… désobéir. C'est un des grands moments de l'histoire d'une vie que d'être orienté, pour l'intérêt supérieur, non seulement de l'état mais, plus encore, de la civilisation, à refuser la servilité à un régime qui a tourné le dos aux grands principes de notre culture humaniste et à ceux de notre grande Révolution.

 

Puissions-nous ne pas oublier le sacrifice des martyrs que nous honorons aujourd'hui et celui de Jean Moulin qui honore le corps préfectoral et toute une idéologie de rejet d'un système que, sans faiblesse, nous devons repousser de toutes nos forces !  

 

 

Lettre de Louis Cortot, lue en alternat,

par Vincent Merlhiot et Pauline Markhan. 

 

Louis Cortot, né le 26 mars 1925 à Sombernon (Côte d'Or). Il rejoint la résistance dès le début de l'année 1941, à l'âge de 15 ans. Dans l'usine dans laquelle il travaille comme ajusteur, il confectionne des explosifs. Il multiplie les sabotages et rejoint en janvier 1944 les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) de Seine-et-Marne. Il est très grièvement blessé le 26 août 1944 au cours des combats de la libération. Après la guerre, il travaille dans l'aéronautique.

 

 

 

 

Message pour la journée de la Résistance, le 27 mai.

 

  

Il y a 71 ans, le 27 mai 1943, dans Paris occupé depuis près de trois ans, quadrillé par l’armée nazie avec le concours des forces de répression du régime collaborateur avec l’occupant que présidait Pétain, et sur les murs duquel, comme sur ceux d’autres villes de France, étaient avec une sinistre régularité apposées des affiches bilingues annonçant l’exécution de patriotes que désormais la population appelait les Résistants, les représentants de huit mouvements de Résistance, de six partis politiques résistants et des deux centrales syndicales clandestines se réunissaient, 48 rue du Four, autour de Jean Moulin, initiateur de la rencontre qu’il présida.

  

Même si ses participants n’en avaient pas alors pleinement conscience, ils vivaient un moment historique : à l’issue de cette réunion allait naitre sous la présidence de Jean Moulin le Conseil National de la Résistance.

  

C’était là un événement de portée considérable puisqu’il coordonnait dans le combat commun toutes les forces de la Résistance jusque-là dispersées, ouvrant ainsi la voie à l’unification au sein des FFI des différentes structures militaires de la Résistance, conduire à l’élaboration du Programme du Conseil National de la Résistance,

  

Évènement de portée considérable puisque, lors de sa réunion constitutive, le C.N.R en se plaçant sous l’autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, allait lui permettre de s’affirmer comme le représentant de l’ensemble de la France Combattante, tant sur le sol national occupé que sur tous les théâtres d’opération où s’illustraient aux côtés des Alliés les Français libres

 

 

Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à un monde juste et en paix furent les valeurs qui, sur le sol national occupé, motivèrent l’engagement au péril – et souvent au sacrifice – de leur vie des Résistantes et des Résistants dans le combat contre l’occupant nazi et le régime pétainiste complice de ses crimes. Combat convergeant avec celui des Français Libres et prenant sa place dans la lutte des peuples et des forces alliées contre la barbarie génocidaire et liberticide.

 

   Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à un monde juste et en paix furent aussi les valeurs inspiratrices du Programme du Conseil National de la Résistance qui dessina les contours d’une France rénovée après sa libération, d’une France démocratique sur les plans politique, économique et social, d’une France solidaire. Programme dont la mise en place à la Libération par le Gouvernement présidé par le général de Gaulle de nombre des mesures qu’il préconisait permit de redresser économiquement la France, d’affirmer son indépendance nationale, d’approfondir sa vie démocratique en même temps que des avancées qui forment encore aujourd’hui le socle de notre protection sociale malgré leurs remises en cause qui s’accentuent.

  

Ces valeurs pour lesquelles luttèrent les Résistants et cette aspiration dont ils furent porteurs restent plus que jamais d’actualité soixante-neuf ans après la victoire le 8 mai 1945 des peuples et des armées alliées sur la barbarie du nazisme et des fascismes. Car le monde contemporain connait toujours la guerre, l’oppression, le racisme, les discriminations et épurations ethniques, les persécutions religieuses, le sous-développement social et culturel de populations entières. Les héritiers des idéologies criminelles vaincues en 1945 relèvent la tête et retrouvent une audience à la faveur des crises que connaissent nos sociétés et le monde, dans notre pays la xénophobie contamine nombre de discours politiques,

 

C’est pour assurer la nécessaire transmission aux jeunes générations de ces valeurs et de cette aspiration, pour répondre à leur besoin de connaissance, de repères et de mémoire que, depuis 1988, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, l’ANACR, rejointe par d’autres Associations du Monde Combattant et appuyée par l’UFAC, a demandé l’instauration d’une Journée Nationale de la Résistance le 27 mai.  Journée devant être un moment privilégié du passage de cette mémoire en même temps que d’hommage à la place de la Résistance dans l’histoire contemporaine de notre pays, aux Résistantes et Résistants tombés pour sa liberté.

 

 

 

Le 19 juillet 2013, M. le Président de la République promulguait la loi l’instaurant, votée par le Sénat et l’Assemblée Nationale. Ce 27 mai 2014 est donc pour la première fois célébrée de manière officielle par la Nation la Journée Nationale de la Résistance. Faisons ensemble de ce jour un grand moment d’évocation de la mémoire des combats de la Résistance et de passage de ses valeurs.

 

  

Louis CORTOT

 

Président de l’ANACR  

Compagnon de la Libération

 

 

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Prise de parole  de Jean-Bernard Lalue,

maire de Monplaisant,

pour tous les maires présents à la cérémonie.

 

 

 

 

 

 

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 Prise de parole de Bernard-Lalue au nom de l'ensemble des maires présents.

 

Madame le préfet,

 

Madame et monsieur les conseillers généraux,

 

Monsieur le Président de la communauté de communes,

 

Mesdames et messieurs les maires et chers collègues,

 

Mesdames et Messieurs les garants des associations de la résistance,

 

Mesdames et Messieurs les responsables des autorités civiles et militaires,

 

Mesdames, Messieurs,

 

Nous voici réunis, pour la troisième fois, au pied de ce mémorial pour honorer les partisans de ce Val de  Nauze tombés sous les tirs de l'occupant les 4 mars à Vaurez, 24 juin à Fongauffier, 2 juillet à Landrou et  le 9 août à Tuilières et  à toutes celles et à tous ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.

 

 

Cette année, après Olivier Merlhiot, qui prit la parole en 2012, en qualité de maire de Sagelat, et de Jean-Pierre Lavialle, l'an dernier, qui, pour sa dernière année de mandature à la mairie de Belvès, le relaya, c'est au maire de Monplaisant que revient l'honneur d'être le porte parole des maires présents que je salue chaleureusement pour leur venue.

 

Ce lieu de mémoire de Fongauffier situé au piédroit de Belvès, là où les limites communales de Sagelat et de Monplaisant dessinent les aboutissements de nos entités, Il se joue, naturellement, des subtilités territoriales. Les sites de recueillement, comme le Mont Valérien, triangulation de Nanterre, Suresnes et Rueil-Malmaison, n'ont que peu de chose à voir avec les limites géométriques humaines car ils sont là, vigiles de l'histoire, dressés pour éveiller les consciences et non pour délimiter les pointillés de nos partages. L'implant de ce mégalithe et l'harmonie de cet espace nous les avons voulus ensemble, dans un lieu sécurisé, pour inviter au recueillement et pour éviter l’oubli des générations futures.

 

 

 

Je remercie Pauline et Vincent qui ont parfaitement pris en main ce devoir de mémoire et je  félicite ces nouveaux éclaireurs pour leur sérieux et pour cette page d’histoire qu’ils viennent de retracer devant nous.

  

Il y a tout juste cinquante ans, la France rendait un hommage appuyé à Jean Moulin en lui ouvrant les portes du Panthéon. Jean Moulin, ce preux de la Résistance, quand il fonda, le 27 mai 1943, le Conseil National de la Résistance ne s'attarda pas sur les convictions de ses partenaires. Ils venaient d'horizons bien différents. La libération et l'intérêt général constituaient, à leurs yeux, les premiers enjeux.

  

Il nous faut, à nous élus, humbles serviteurs d'une République rétablie par la Libération, savoir être les rassembleurs de tous nos concitoyens de sensibilités différentes et, comme le disait Aragon "Ceux qui croient au Ciel et  ceux qui n'y croient pas", de manière à pouvoir être les comptables dignes de l'héritage légué par ceux qui, sous les balles de l'occupant ou sous la torture, ont perdu la vie.

 

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Prise de parole de Claudine Le Barbier.

 

 

Mme la sous-Préfète

Mmes et MMs les representants des associations d’Anciens Combattants et Résistants,

Mmes et Mrs les élus, Cg, Maires, Adjoints et Conseillers Municipaux

Mmes et Mrs les représentants des autorités Civiles et militaires,

Jeunes filles et jeunes gens,

Mmes et MM.

 

Nous voici réunis pour la 3e année réunis autour de ce mégalithe pour nous souvenir et honorer la mémoire de ceux qui il y a 70 ans furent assassinés par l’occupant nazi.

 

Se souvenir, c’est dabord faire un bilan. Bilan des drames (les millions de morts causés par la guerre, familles endeuillées, villes et villages meurtiis, jeunes fauchés dans la fleur de l’âge comme ceux que nous honorons aujourd’hui, mais aussi bilan des grands moments de l’Histoire, des actes des hommes et des femmes qui, tels Jean MOULIN et le Général de GAULLE, mais aussi humbles paysans, ouvriers, employés, adolescents ou plus agés, surent par leur courage redonner à notre pays son honneur et sa dignité.  Notre Département a été un des carrefours des mouvements résistants et des réseaux de sympathisants qui dispersés au début, finiront par être coordonnées par Jean MOULIN pour plus d’efficacité avec le résultat que l’on connaît càd la victoire.

 

Se souvenir, c’est affirmer que les Français sont capables de grandeur, de sacrifices pour leur liberté et donc leur avenir.

 

Se souvenir, c’est clamer à la face du monde que les la guerre, toutes les guerres sont horribles et stupides et que la mère d’un ennemi est une mère comme les autres, que la perte d’un fils, d’un mari, d’un père est d’abord  la douleur d’une femme dans quelque camp qu’elle se trouve.

 

C’est pourquoi il faut se recueillir ici pour rappeler que nous avons eu la chance depuis 70 ans de ne pas connaître cette douleur parce que nous vivons dans une Europe pacifiée créée par la volonté de ces mêmes peuples qui se combattirent au milieu du siècle dernier.

 

Oui, il faut se souvenir que même des élections démocratiques engendrèrent en Alemagne et d’autres pays d’Europe des dictatures terribles et que donc il ne faut jamais baisser la garde, que l’homme est encore malheureusement capable de barbarie comme nous pouvons le voir dans certains pays, pas si lointains.Quel pays est en effet lointain aujourd’hui avec les moyensmodernesde communication ?

 

C’est pourquoi, oui, il faut se souvenir car le seul vaccin contre la folie des hommes, c’est la mémoire

 

C’est pourquoi je remercie tous celles et ceux qui nous aident, qui aident les jeunes, à  comprendre leur passé, non par nostalgie, mais pour éviter de le revivre.  Et je félicite ces jeunes d’êtresensibles au message transmis par leurs ainés.

 

Devant ce mégalithe, je suis fière d’être française, de pouvoir chanter la Marseillaise et de dire à mes petits enfants que les mots « Liberté, Egalité, Fraternité » ont eu un sens, qu’ils en  ont un aujourd’hui et que, je l’espère, ils en auront un demain.

 

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Prise de parole de François Fournier,

représentant le président du Conseil général. 

 

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Si je prends la parole aujourd’hui au nom de Bernard Cazeau, Président du Conseil général,  en ce jour anniversaire de la fondation du Conseil national de la Résistance, c’est tout d’abord pour témoigner notre reconnaissance aux onze partisans dont les noms figurent sur le mémorial ainsi qu’à l’instituteur et secrétaire de Mairie de Vézac, lâchement abattu comme tant d’autres au bord d’une route par l’oppresseur nazi qui savait sa déroute proche et inéluctable.

 

Au-delà de ces douze martyrs, c’est à l’ensemble des victimes de la barbarie brune que je pense et que je veux associer à cet hommage : résistants, déportés politiques, mais aussi juifs et tziganes impitoyablement exterminés, parce que seulement différents, par la plus monstrueuse machine à tuer industriellement que l’espèce humaine ait jamais inventée.

 

Tous ont été la cible des nazis parce qu’ils n’aspiraient qu’à une chose qui peut paraître évidente soixante dix ans après l’horreur : vivre libres, parfois vivre tout simplement.

 

Car au-delà du souvenir, c’est la liberté que nous célébrons aujourd’hui, liberté pour laquelle ces douze là ont donné leur vie.

 

Le plus bel hommage que nous puissions leur rendre est de faire en sorte que leur combat n’ait pas été vain, que leurs vies n’aient pas été données pour rien.

 

« Cent fois sur le métier remets ton ouvrage » dit le dicton. Permettez moi d’émettre un vœu : que cette cérémonie, comme toutes les cérémonies organisées en hommage des combattants de la liberté, ne soit pas seulement un hymne au passé mais surtout un message d’espoir pour l’avenir.

 

Car la glorification de ce passé n’a de sens que si elle interdit à l’horreur de ne jamais se reproduire.

 

« Plus jamais ça ! » ont dit les survivants de cet horrible conflit. En sommes nous toujours aussi sûrs aujourd’hui, à l’heure où des néo nazis défilent en uniforme noir en Hongrie ou s’affichent ouvertement comme tels en Grèce ?

 

Méditons sur la phrase de Bertold Brecht : « il est encore fécond le ventre d’où est surgie la bête immonde ».

 

C’est pourquoi je me tourne vers cette jeunesse qui a égréné tout à l’heure le nom des combattants de la liberté tombés au champ d’honneur : en ces temps troublés, où ressurgissent ici et là des idées que l’on croyait à tort à jamais oubliés, où on assiste à une banalisation dans de nombreux pays européens,  des pulsions d’exclusion, de racisme et de haine, vous devenez à nos côtés, en participant à cette cérémonie, les gardiens de nos idéaux de liberté, d’égalité et de fraternité entre les hommes, quelles que soient leur condition sociale, leurs origines ethniques ou leur appartenance religieuse.

 

Dans les difficultés, le vrai courage c’est de faire front ensemble, non de répandre la haine et la division en faisant porter la responsabilité de ses maux à plus faible que soi.

 

C’est pour ces idéaux que ces douze citoyens sont morts. De notre vigilance présente et future dépend le sens de leur sacrifice.

 

Il est de notre responsabilité collective de nous en montrer dignes.  

 

 

 

 

 


Allocution de Maryline GARDNER,

Sous-Préfète de Sarlat,

représentant Jacques Billant, préfet de la Dordogne.

 

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Une belle tonalité républicaine. Merci Madame le Préfet, pour votre venue ainsi que pour la chaleur et la justesse de votre message.

 

C’est avec plaisir et honneur que je représente ici aujourd’hui Monsieur Jacques Billant, Préfet de la Dordogne, pour commémorer avec vous l’histoire de la résistance qu’opposèrent vos villages, à l’image de ce mouvement qui souleva la France.

  

Humiliés par la défaite, refusant l'occupation allemande, refusant le régime de Vichy, refusant la répression et les mesures antisémites,  des femmes et des hommes de tous âges s’engagèrent alors dans une lutte acharnée contre cet ennemi : “le nazisme”.

  

Cette population clandestine, c’était la Résistance intérieure et ses représentants se réunissaient le 27 mai 1943 autour de Jean Moulin afin d'unifier et de coordonner leurs actions.

  

Le Conseil national de la Résistance était né dont nous commémorons aujourd’hui le soixante et onzième anniversaire. Le Préfet Jean Moulin, premier président du Conseil, figure phare de la Résistance française, s'est battu pour la Libertéla Liberté d'opinion, la Liberté d'expression, la Liberté de croyance, toutes les libertés, celles dont vous et moi jouissons aujourd'hui.

 

 

Nous sommes réunis, en ce lieu, lieu de rassemblement, lieu de recueillement, pour rendre hommage au courage et à la combativité de ceux, dont le seul objectif était de rétablir les valeurs fondamentales de notre République : Liberté, Egalité, Fraternité. Ces valeurs, pour lesquelles ils ont lutté, il ne faut jamais oublier que ce sont des armes pour contrer la haine, la violence, la peur, la xénophobie et la démagogie.

 

Qui étaient-ils ? Des anonymes, des hommes, des femmes de toutes origines, toutes origines géographiques, et nos amis espagnols présents aujourd’hui en sont le vivant rappel, toutes origines sociales, toutes origines politiques, des hommes et des femmes aux croyances diverses, mais ils avaient en commun, chevillées au corps, la passion de la liberté et la haine des ostracismes.

  

Aujourd’hui, nous honorons plus particulièrement le souvenir des 11 partisans du Val de Nauze tombés sous le tir de l’occupant au printemps et à l’été 1944 et celui de l’instituteur de Vézac abattu pour son refus de trahir en juillet de la même année.

 

70 ans plus tard, nous sommes présents pour vanter leur engagement, pour leur témoigner la reconnaissance de la Nation et pour leur affirmer notre volonté de continuer leur action : préserver cette Démocratie à laquelle ils ont tout donné. Au-delà, c’est à tous les résistants qui se sont battus pour qu’aujourd’hui notre nation soit libre, pour que nos valeurs de fraternité, de solidarité, d’égalité soient inscrites au fronton de nos lois que nous rendons hommage.

 

 

 

Pour protéger notre Nation, le devoir de mémoire demeure une priorité. En effet, la méconnaissance de notre Histoire ou la négation de certains faits historiques permettraient d'installer une doctrine contraire à nos principes républicains, dangereuse pour la paix et la stabilité de notre démocratie.

 

C'est pourquoi à la demande des associations des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance, ce 27 mai a été instauré journée nationale de la Résistance.

  

Cette journée d'hommage est un moment d'échanges et de passage de mémoire et c'est pour moi un honneur que de vous témoigner, au nom de la Nation, toute ma reconnaissance.

 

 

Je vous remercie.

 

 

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Les photos sont de Claire Praderie et d'Alain Eymet. 

 

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29/05/2014
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