Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Un hôtel particulier... allons donc...


Un hôtel particulier... allons donc...

 

Notre amie Noëlle Choublier-Grimbert, apporte d'excellents commentaires à ce blog ce dont, bien entendu, je la remercie vivement. Sur les anciens blogs de Fongauffier-sur-Nauze et Val de Nauze elle avait, en son temps,  sans polémiquer, recentré la sémantique sur  la notion régalienne du pouvoir. La liste des droits ou fonctions régaliennes dépendent du système politique et, bien entendu, de l'opinion de chacun.
 
Elle a émis plus que de sérieux doutes sur l'appelation d'hôtel particulier pour la demeure des Lafon de Fongauffier.
 
 
 
Un hôtel particulier... allons donc...
 
 
Ci-dessus l'hôtel particulier Thomas de Montval. https://www.google.fr/ Il a été construit à Toulouse entre 1901 et 1904 à l'emplacement de trois maisons, démolies pour faire complètement place au nouveau bâtiment. Paul-Marius Thomas, né en 1862 à Toulouse, est un industriel enrichi dans la minoterie. L'architecte Jules Calbairac a piloté sa construction jusqu'à son achèvement.
 
La demeure des Lafon, image en tête de cet article, n'a, bien entendu, en aucune mesure, à être comparée à  l'un des prestigieux hôtels particuliers du monde. J'ai longuement hésité avant d'écrire hôtel particulier pour désigner cette pluriséculaire demeure fongauffiéraine des Lafon. J'aurais, certainement, été plus inspiré si j'avais écrit "maison de maître". Si j'ai, cependant, opté volontairement pour "hôtel particulier" c'est parce que les anciens, considérés come étant les érudits locaux, aujourd'hui ils ne sont plus là pour le confirmer, empruntaient ce substantif non par dérision ou par considération excessive mais par leur perception du dimensionnement de la vie locale.  Offense-t-on la géographie en parlant de fleuve pour désigner la Veules, agreste cours d'eau de 1150 mètres, ou la  mer de Haarlem, elle n'atteint pas 300 Km2 ! Se moque-t-on de Versailles ou de son équivalent autrichien, le Château de Schönbrunn, le Versailles de Vienne, en considérant Labroye comme un château.
Il est de bon ton de citer ou d'accepter la légende suivant la défaite de Crécy. Philippe VI, frappant à l'huis du château de Labroye se serait écrié "Ouvrez ! Ouvrez, châtelain ! C'est l'infortuné roi de France !!!  Labroye est loin d'être un immense château. Il est cependant, à juste titre, considéré comme tel.
Jean de Lafontaine, dans sa fable "La besace", nous dit que Dame Fourmi trouva le ciron trop petit...
 
Dans nos terres occitanes, pour situer un lieu, parfois un personnage, il convient de se référer à la belle langue qui fut celle de Jasmin, de Bertran de Born ou d'Arnaut Daniel.
 
En occitan on ne parle pas d'hôtels particuliers... pourtant ils existent ou ont existé.  L'Hôtel de Vienne, à Sarlat, en est un exemple. L'occitan, immensément plus riche que le français, dans ce domaine ne s'est point attardé. Le patrimoine immobilier, riche de nuances, de l'humble chaumière d'antan aux prestigieux châteaux se perd dans les subtilités des maisons, des demeures, des bâtisses, des manoirs, des castelets, et, certainement, j'en passe.
Pourquoi nos anciens, en français, ont "osé" donner de l'Hôtel particulier à la demeure des Lafon devenue, par la suite, la maison de Laborie.
 
Un hôtel particulier... allons donc...
 
 
Cette bien vieille demeure monplaisanaise est antérieure au déclassement de l'abbaye de Fongauffier concomitant à la grande Révolution française. Aujourd'hui cette maison, elle s'ouvre sur sa façade orientale avec un encorbellement, a beaucoup souffert, surtout depuis qu'elle n'est plus habitée. Elle était jadis dans le patrimoine de ces personnes de Fongauffier qui tenaient le haut du pavé à Belvès. 
 
Il faut savoir la demeure de maître, vraisemblablement  érigée après la "liquidation" abbatiale de Fongauffier, s'est emparée d'une bonne partie du village en se calant derrière les ultimes vestiges de ses remparts et en disposant de logements dégagés de la "noble" demeure. La route, à cette époque n'était qu'une chaussée blanche, certainement plus belle pour le décor qu'une voie bitumée. Les propriétaires étaient riverains de part et d'autre.
La bâtisse principale était dotée de l'eau courante grâce au bélier, invention de 1782, de Joseph Montgolfier, et un jet d'eau permanent ornait le jardinet d'agrément. Certains hôtels particuliers, bien plus huppés, ont connu l'eau courante plus tard. Le parc, aujourd'hui municipal, était planté d'arbres d'ornement et son cœur était couronné d'un cèdre millénaire abattu lors de la tempête de 1989/90.
L'ensemble immobilier des Lafon s'inscrivait sue un espace de 12 000 m2.
En utilisant la terminologie d'hôtel particulier les rares autochtones qui s'exprimaient en français, le français s'est imposé, à grand peine après la Guerre de 14, l'ont fait avec leur estimation. Ont-ils rehaussé excessivement... peut-être! La pertinente remarque de Noëlle m'amène à m'interroger mais quand, enfant, j'entendais les anciens situer l'hôtel particulier de Fongauffier  j'ai spontanément estimé qu'ils ne taxaient pas ce lieu par dérision.
La maison, en occitan "ostal", en français comme en occitan est du genre masculin.
Dans notre bassin de vie l'ostal, que l'on prononce "oustal" n'était pratiquement  jamais utilisée et dans le langage courant local était supplantée par "mai(s)ou" qui localement se prononce maïou. Ces "mai(s)ous" sont plutôt de la graphie limousine.
Peu usitée, mais rappelant fortement la vie de nos cités médiévales, on trouve les "bastidas". Elles étaient des maisons de campagne, les premières résidences secondaires de gens fortunés mais cette appellation n'existait pas dans notre Val de Nauze.
L'occitan, en général plus riche que le français, propose bien des nuances pour définir les maisons mais, toujours dans notre Val de Nauze, on ne se positionnait pas dans ces finesses qui sont plutôt quasiment littéraires.  Pour l'importance de la bâtisse on recourait  tout simplement aux "grand", "granda", "bèl" ou "bèla". "Belet" ou "beleta" qui  étaient des nuances intermédiaires.
On trouvait également des correctifs pour les châteaux, "castelas" pour le grand château, "castelet" pour le petit château mais ce terme réducteur s'est également imposé en terre d'Oil. Citons le Castelet de la Borne Blanche à Orry-la-Ville.
 
 
Un hôtel particulier... allons donc...
 
 
La sépulture monplaisanaise de J-B Lafon de Fongaufier. Fongaufier avec un seul f. L'orthographie de ce village a évolué au cours des siècles. Il est aussi possible que, par erreur, il s'agisse d'une faute.
Le J-B Lafon n'est pas celui qui  fut  conseiller général de Belvès et décédaé en 1893. Sa sépulture est à Sagelat.

 

 
 


01/04/2017
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