Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

À défaut de quantité il y avait la qualité.

 

À défaut de quantité il y avait la qualité.

 

L'A.N.A.C.R de Belvès a voulu tenter une opération inédite dans son bassin de vie pour faire vivre son association.

 

Une animation plus qu'insolite. Samedi 30 novembre les membres de cette association ont voulu imaginer un thème tout à la fois ludique et pédagogique. Il fallait le trouver…

D'une part c'est donc en pensant au corps enseignant qui, pendant les heures sombres de l'Occupation, tint un rôle fort délicat pour faire face à la barbarie nazie avec des enseignants qui ont payé le prix fort de leurs jeunes vies, dont Michel Giffault, d'autres ont été soustraits à leurs élèves par la méthode  brutale et, pire, certains, comme Abel Lavialle, l'instituteur de Vézac, ont même été fusillés dans l'enceinte de leurs écoles. On se devait donc de conjecturer un thème attaché à cette époque.

 

Michel Giffault.jpg

 

Michel Giffault, tombé sous le feu de l'occupant, était instituteur à Grives.

 

 

D'autre part il fallait, tant de décennies après, porter ce thème, rappelant un contexte pédagogique ceignant ces années, rappelant la mission de ces éducateurs.

 

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Rahabia Issa, journaliste de France 3, s'entretient avec Kléber Ferret.

 

Un retour historique. De 1934 à 1956 l'Éducation nationale avait conçu un examen d'entrée en sixième pour réguler l'entrée des élèves du primaire au secondaire. Cet examen fut suspendu pendant l'époque de l'Occupation par le "Diplôme d'études primaires préparatoires", un diplôme de fin d'études du premier cycle qui soustrayait prématurément les enfants de la vie scolaire. Ce n'était là qu'un outrage du régime du maréchal qui tenait à minorer les pratiques de la République destituée. En fait ce diplôme autorisait l'accès au secondaire. Il servait, aussi, de première partie du certificat d'études primaires. Il n'avait qu'une résonance très limitée dans la France rurale, tant et si bien que ceux qui l'ont passé, nos amis Kléber Ferret et Louis Delmon, venus honorer de leur présence cette petite manifestation, n'en avaient qu'un souvenir bien évanescent. 

 

DEPP2.jpg

 

Dans la France hyper rurale d'avant guerre bien peu d'écoliers allaient au collège pour plusieurs raisons. La première était l'éloignement. Aller au collège de Loubéjac à Belvès cela paraissait difficilement imaginable. Il fallait envisager l'internat coûteux pour les familles qui avaient déjà bien du mal à réunir le minimum du minimum. La seconde était que l'école secondaire était, presque, réservée à l'élite ou aux privilégiés. La troisième était que pour les garçons, surtout pour les aînés, la tradition de relayer les parents paraissait incontournable ; alors pourquoi aller au collège. Pour les filles on supposait que leur rôle futur serait, surtout, d'être des épouses et des mères.

La IVème République a donné une courbe à ce schéma et c'est un peu logiquement que cet examen formel disparut, par décision ministérielle de novembre 1956, pour favoriser la généralisation de l'accès au secondaire. Il revint, sous une forme plus souple, en rattrapage, pour certains écoliers.

 

 

CIMG3897.jpg

 

La caméra de Jean-Rémy Haas, de France 3, surprend la copie d'Annick.

Notre ami Jean-Claude Gamot, au premier rang à gauche sur la photo, est venu surtout pour rendre hommage à son grand-père maternel André Delpeyrat qui fut le dernier instituteur monplaisanais qui présenta des élèves à cet examen.

 

On a donc sérieusement planché samedi. Ce dernier jour de novembre la salle des fêtes de Monplaisant s'est métamorphosée en salle d'examen. Le jury n'avait rien d'un collectif de censeurs rigoureux mais ressemblait, plutôt, à des pédagogues venus tester, en amis, les souvenances des compétiteurs qui, mis à part deux très jeunes écolières, calculaient depuis combien de temps ils avaient fermé leur plumier.

Si la dictée ne posa que très peu de problèmes les questions grammaticales, elles, laissaient les candidats dubitatifs. Quelle est la forme d'un verbe, quelle est la fonction d'un mot… Que c'est loin tout cela !

 

Reprendre la plume pour décrire un lieu de mémoire, pour s'épancher sur le 8 mai ou parler du trouble d'un enseignant partant à la retraite ce n'est pas évident pour tous à une époque où le téléphone a supplanté les liens épistolaires.

Calculer le prix de revient d'une clôture paraît, certainement simple, mais les quatre opérations, sans calculette, ont troublé quelques sexagénaires qui, jadis, les posaient ; preuve par neuf à la clé.

 

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Amusons-nous sur les sujets.

 

Dictée.

 

À la campagne.

 

J'aimais aussi à observer ce qui se passait autour de moi, à connaître les mœurs et habitudes des bêtes et des oiseaux. J'épiais le hérisson chassant les serpents, l'écureuil à la recherche de la farine, la belette et la fouine, le renard glapissant sur une voie de lièvre, la belette et la fouine surprenant les couveuses dans le nid, les loups rôdeurs sortant de leur fort à l'heure où  se lèvent les étoiles, et rentrant le matin après avoir mangé quelque chien resté dehors autour d'un village. Il m'est arrivé de passer de longs moments à épier le manège de quelque animal qui ne me voyait pas.

 

Eugène Le Roy. "Jacquou le Croquant".

 

Questions.

 

  1. – Relever dans la dictée trois expressions traduisant l'action d'animaux en quête de nourriture.
  2. – Expliquer épier. Le remplacer, dans la dictée, par un verbe de sens voisin.
  3. - Donner la forme du verbe il m'est arrivé.
  4. – Donner la fonction de étoiles – m' (est arrivé). Donner la nature des mots de (longs moments), de(quelque animal). 

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Rédaction.

 

Après le 14 juillet, le 4 août, le 4 septembre et le 11 novembre, le 8 mai, désormais, est devenu une des plus importantes dates de l'histoire. Dites nous, en quelques lignes, ce que vous inspire ce jour mémorable.

 

ou

 

Les lieux de mémoire, trop souvent lieux de rappel d'évènements douloureux ou tragiques, nous plongent dans nos souvenirs. Décrivez un lieu de mémoire de votre choix.

 

ou

 

Votre institutrice, ou votre instituteur, part à la retraite et, avec émotion, elle,  ou il, ferme, pour la dernière fois, la classe où sont passés tant d'écoliers. En quelques lignes partagez son trouble.

 

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La préconisation pour le texte de 20 à 40 lignes. Une courte introduction, un développement, un ou deux chapitre(s)  et une conclusion concise.

 

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Arithmétique.

 

Opérations. 4 points.

 

1654,17 + 7852,83

 

86,874 – 24,37

 

380,24 x 14,35 x 3,18

 

452,16 / 3,14

 

La preuve par 9 est facultative mais conseillée.

 

9507, 62,504, 17351, 49192, 144.

 

Problème. Un problème au choix. 6 points.

Pas de réponses sèches. Il faut définir le raisonnement et les opérations.

 

 Problème n° 1.

 

Un pré rectangulaire de 75 m L et de 15 m de l est enclos d'un grillage supporté par des piquets espacés de 3 mètres.

 

Combien y-a-t-il de piquets.

Quelle longueur de grillage  faudra-t-il.

Ce grillage vaut 778 frs le mètre et chaque piquet vaut 43 frs.

 

Les frais d'installation de la clôture s'élèvent à 2 500 frs.

 

Donnez le prix total de cette clôture.

 

 

 Problème n° 2.

 

Une chaise, une table et un buffet valent ensemble 13 440 frs. Le buffet vaut 2 fois la table et la table vaut 5 fois la chaise.

Prix de chaque meuble.

 

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Problème plus subtil pour les matheux.

Celles et ceux qui le tenteront seront dispensés de la première partie; opérations.

Un piéton va du croisement de la Résistance à Siorac au mémorial de Vaurez ; la distance est de  6 000 mètres. Il part à 10 h 06'.

Il va croiser, à Fongauffier, un cycliste parti de Vaurez à 10 h 54'. Celui-ci effectue le même trajet en sens inverse.

Le piéton avance à 5 Km/h et le cycliste évolue à 15 Km/h.

À  1 Km de Vaurez le cycliste va passer sous la stèle de la Résistance de la colline de St Jean.

À quelle heure le cycliste passera sous ce monument.

À quelle heure le piéton et le cycliste vont-ils se croiser à Fongauffier.

Quelle est la distance de Vaurez à Fongauffier et de Fongauffier à Siorac.

 

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 Indications. (questions de la dictée).

 

  1. – expressions traduisant l'action d'animaux en quête de nourriture : le hérisson chassant - l'écureuil à la recherche de… – le renard glapissant sur la voie… 3 points.
  2. épier ; observer secrètement. 2 points.
  3. – il m'est arrivé : forme impersonnelle. 1 point.
  4. – étoiles ; sujet de se lèvent. m' (est arrivé) ; c d'attribut de est arrivé. de (longs moments) : article indéfini. de (quelque animal) préposition. 4 points.

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Pour la rédaction, hier vous avez pu lire Dominique Desplain, qui rédigea le meilleur devoir.

 

 Corrigé des problèmes.

 

Problème n° 1.

La clôture portera sur 75 + 15 x 2 = 180 m.

Nombre d'intervalles 180 / 3 = 60. Il faudra donc 60 piquets.

(180 x 778) + (60 x 43) + 2.500 = 145 120 frs

Problème n° 2. 

Le buffet 100, la table 50, la chaise 10.Total 160.

Une chaise représente donc 1/16ème de l'ensemble soit 13 440 / 16 = 840 frs.

La table représente donc 840 x 5 = 4 200 frs.

Le buffet 4 200 x 2  = 8 400 Frs.

 

8 400 + 4 200 + 840 = 13 440. C.Q.F.D arithmétiquement.

 

 

Problème n° 3.

 

60 X 1 000 /15 000 = 4'

4' + 10 h 54' = 10 h 58'.

 

10 h 54' – 10 h 06' = 48'

5 000 x 48 / 60 = 4 Km.

Le piéton aura donc effectué 4 Km à 10 h 54'.

5 000 + 15 000 = 20 000 m/h (vitesse horaire cumulée du piéton et du cycliste).

À 10 h 54' le trajet d'approche se situera donc 6 000 – 4 000 = 2 000 m.

60 x 2 000 / 20 000 = 6'.

6 + 10 h 54' = 11 h.

 

Distance parcourue par le cycliste en 6'.

15 000 x 6 / 60 =  1 500 m. Distance Vaurez-Fongauffier.

5 000 x 6 / 60 = 500 m.

500 + 4 000 m = 4 500 m. Distance du croisement de la Résistance à Fongauffier.

 

4 500 + 1 500 = 6 000 mC.Q.F.D

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Louis Delmon à Monplaisant.jpg

Photo Bernard Malhache.

 

Louis Delmon, vice-président de l'Association Périgord Histoire de la Déportation et de la Résistance, est donc venu honorer de sa présence les compétiteurs et le jury. Il a rappelé la mission de son association et, au passage, précisé que seuls nos amis René Chouet et Vincente Garcia sont  en Périgord les survivants de la déportation.  

 

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Aurélie n° 3.jpg


Sabine Roques-Viale, à droite sur l'image, pour Carrefour Market, a remis un bon d'achat pour la personne la plus brillante de  cette épreuve. Eliane Eymet n'a pas voulu l'accepter et a préféré le décerner à Nora, la plus jeune compétitrice ; un beau geste pour Noël qui approche.  Photo Aurélie Viale.

 

  

L'A.N.A.C.R, pour cette animation, remercie chaleureusement le jury, nos amis Claudette Malaury, René Malaury, Kléber Ferret et Francis d'Angelo, l'équipe municipale de Monplaisant, tout particulièrement Bernard Grenier, le "factotum" de ce collectif, les deux maires-adjointes, Marie Praderie et Joelle Krebs-Calès, Louis Delmon, Bernard Malhache, pour la presse et, naturellement, tous les compétiteurs qui ont fait preuve d'humilité et de motivation.

Un grand merci à Carrefour Market de Siorac qui a sponsorisé cette journée par ses supports et par le bon d'achat que la gagnante Eliane Eymet a généreusement donné à Nora, la plus jeune compétitrice, élève de C.M 2, à Michel Carcenac qui a offert plusieurs de ses ouvrages et, enfin, à l'Espace culturel de Trélissac qui a participé avec divers livres à cette animation d'automne.

L'A.N.A.C.R a été très touchée que France 3 Aquitaine ait donné à cette journée tout le relief de ses journaux de samedi et de lundi. Ce n'est pas aussi fréquent que Monplaisant soit l'objet du J.T.

 

L'A.N.A.C.R regrette que sa manifestation automnale n'ait pas eu la résonance qu'elle aurait pu et du avoir, beaucoup ont cru devoir se dérober pour se placer dans un florilège de pieuses excuses d'empêchements. C'est bien dommage car ce n'est pas tous les jours que l'on essaie de renouer avec l'enfance.

 

Lichel Carcenac au travail.jpg

Michel Carcenac a été très généreux pour cette animation.

 

L'A.N.A.C.R, pour cette animation, remercie chaleureusement le jury, nos amis Claudette Malaury, René Malaury, Kléber Ferret et Francis d'Angelo, l'équipe municipale de Monplaisant, tout particulièrement Bernard Grenier, le "factotum" de ce collectif, les deux maires-adjointes, Marie Praderie et Joelle Krebs-Calès, Louis Delmon, Bernard Malhache, pour la presse et, naturellement, tous les compétiteurs qui ont fait preuve d'humilité et de motivation.

 

Un grand merci à Cerrefour Market de Siorac qui a sponsorisé cette journée par ses supports et par le bon d'achat que la gagnante Eliane Eymet a généreusement donné à Nora, la plus jeune compétitrice, élève de C.M 2, à Michel Carcenac qui a offer plusieurs de ses ouvrages et enfin à l'Espace culturel de Trélissac qui a participé avec divers livres à cette animation d'automne.

L'A.N.A.C.R a été trés touchée que France 3 Aquitaine donne à cette journée tout le relief de ses journaux de samedi et de lundi. Ce n'est pas aussi fréquent que Monplaisant soit l'objet du J.T.

 

L'A.N.A.C.R regrette que sa manifestation automnale n'ait pas eu la résonance qu'elle aurait pu et du avoir,beaucoup ont cru devoir se dérober. C'est bien dommage car ce n'est pas tous les jours que l'on essaie de renouer avec l'enfance.

 

 



02/12/2013
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