Fongauffier-sur-Nauze

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Georges Labrousse, une plume nostalgique.

 

 

La page web de Fongauffier-sur-Nauze, une fois n'est pas coutume, va, aujourd'hui, s'égarer sur la rive droite de la Dordogne -et même sur la rive droite de la Vézère- non pour parler de l'assemblage des communautés de communes qui devrait, sauf coup de théâtre, toujours possible après les présidentielles et les législatives qui vont suivre, intervenir dans une quinzaine de mois, mais pour présenter un romancier du Périgord qui, sur les pas de son aïeul, nous ramène un siècle en arrière.

 

Georges Labrousse, l'actuel maire de Savignac-de-Miremont, homonyme de son collègue, maire du Bugue, comme ce dernier, fut instituteur avant de devenir professeur des écoles. Cet ancien normalien de l'E.N de Périgueux enseigna, pendant la majorité de sa carrière, à Marquay. Il boucla sa mission pédagogique en rejoignant  la F.O.L (fédération des œuvres laïques)  en qualité de chargé des classes découvertes.

 

Récemment il joua le rôle du procureur dans le film "L'affaire Chantal", un drame de l'époque révolutionnaire, dont le réalisateur était Gérard Blanc et Mireille Berger la scénariste. Dans ce film, qui avait pour décor Cendrieux, au coeur du Pays vernois, trois personnages du Val de Nauze ont apporté leurs contributions ; Serge Cabrillac, Francis d'Angélo et Maurice Teyssandier. Un ancien de St Amand-de-Belvès, Henri Basset, expatrié à Cendrieux, a, lui aussi, participé à ce film. 

 

 

Georges Labrousse est venu le 3 juillet à Belvès, pour la félibrée, présenter son second roman ; mais est-ce bien un roman ! Georges était dans la rue du Fort. Photo Pierre Fabre.

 

Son premier roman, "Les yeux de Nina", se situe au début de septembre 1914. N'oublions pas que les hostilités ont officiellement commencé le 2 août.  Justin qui, depuis deux semaines, attend son départ pour le front, quelque part vers la Marne ou la Somme, se retrouve sur le quai de la gare de Bergerac. Notons que l'avenue qui rejoint la gare, en hommage à ces hommes du Périgord interpellés par la Grande Guerre, a pris le nom du régiment qui, à l'époque, était en caserne à Bergerac ; le 108ème R.I.

 

Justin, jeune père de famille, réserviste se remémore les dernières années passées dans la ferme familiale auprès de ses parents, de sa femme et depuis peu de ses jeunes enfants. Reviennent à sa mémoire les rudes travaux des champs et l'entraide entre paysans, les moments de fête comme son mariage avec Nina, leur voyage de noces à Périgueux où la jeune femme avait découvert les avions au meeting aérien organisé à Chamiers en 1911 ou bien la félibrée qui avait eu lieu à Montignac en 1913. Il repense aux moments précieux passés entre voisins à la veillée ou lors du repas clôturant une grosse besogne. La fenaison, les grands yeux noirs de Nina...

 

La plume de Georges ne s'arrête pas là et, avec "Justin Descombes, paysan du Périgord, poilu de 14-18", le romancier donne le départ du train qui, le 3 septembre 1914, va conduire le régiment, le 108ème R.I, où Justin Descombes est incorporé, sur le théâtre opérationnel.

 

Ces fantassins, il y avait bien là quelques volontaires mais pas la grande majorité, sont conduits vers la zone du front ; là où les hostilités avec les Prussiens viennent de débuter. Jusqu'alors, ce paysan de 31 ans s'adonne à sa petite terre familiale de Pech Aumont, en Périgord Noir, avec sa jeune femme qui lui a donné deux enfants, et ses parents. Son univers se limite à sa paire de boeufs, un carré de froment, quelques noyers, des truffières et la basse cour. À vrai dire, Justin n'a quitté le sol natal que pour le service militaire et son voyage de noces…  à Périgueux.

Une fois l'an, il se rend au Bugue pour la foire cantonale. Durant quatre ans, il découvre la Champagne dans les tranchées et la Picardie dans la boue immonde et les cadavres. Le son de l'artillerie résonne en Lorraine et il faudra, hélas, mettre les baïonnettes au canon pour aller vers les forces du kaiser. Les pérégrinations guerrières le conduisent jusqu'au Montenegro. Heureusement Justin reçoit, autant que faire se pouvait, beaucoup de lettres des siens. Le devoir, le sens de la famille et le lien conjugal font que ses correspondances, pratiquement quotidiennes, soutiennent son moral. Les siens ne lui cachent rien. Il suit, ainsi, l'éveil de ses enfants à la vie et le cours des noix. Il sait où en sont les labours tardifs et même connaît, alambiqués avec humour par son oncle Sylvain, les "potins de Périgueux". Georges a eu la satisfaction de lire, avec l'émotion que l'on imagine,  tous ces  courriers miraculeusement épargnés par le siècle. Ces documents, liens extraordinaires entre une ferme isolée du Périgord et le front terrible de la guerre, mieux qu'un livre d'histoire, ont donné au romancier la trame de son récit.

Justin eut la chance de retrouver les siens. Un homme sur cinq, en âge de prendre les armes, est resté sans vie dans les champs de batailles.

Il aura fallu à Justin attendre encore, quatre longs mois après Rethondes, pour retrouver les siens, ses biens et son cheptel, le 10 mars 1919.

 

Il avait, après bien des bouleversements, rendez-vous avec la paix !

Dans un siècle qui a connu un premier déchirement mondial et, sans le savoir, se prépare à un autre bien plus dévastateur, Justin, comme ses camarades épargnés par un feu fatal, presque jalousé par ses voisins endeuillés, doit reprendre une place, que d'autres ont palliée  par devoir et par nécessité.

 

Et maintenant Georges s'autorise une période de césure. Il a néanmoins un chantier  en cours. Pour l'heure il en est à l'esquisse de l'esquisse. Il veut écrire l'impossible rencontre de nos très lointains ancêtres ; l'Homme de Neandertal et l'Homme de Cro-Magnon.

 

 

Pierre Fabre. 

 


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02/01/2012
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