Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

La passerelle de la gare est demeurée un vœu pieux.

 

 

La ligne de chemin de fer, desservant Belvès, a été inaugurée au cœur de l'été 1863, c'est-à-dire il y a 152 ans. Pour lui donner son assiette il a fallu, en son temps, couper la colline très escarpée, sur le flanc oriental de la cité, et sacrifier le chemin rural qui reliait la rampe du Terriol au hameau de Bugou en passant par le Moulin de Gamot.

 

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Ce chemin rural en impasse, lors de son opérabilité totale, n'était pas particulièrement doux. Nos ancêtres de Bugou l'empruntaient pour aller à Belvès. Leurs pauvres ânes devaient recevoir, outre la charge qu'ils transportaient, en guise de remerciements, quelques généreux coups de bâtons s'ils fléchissaient dans l'ascension.

 

 

L'intention de joindre la gare à Belvès par le Terriol, grâce à une passerelle traversant les voies, permettant de se raccorder au chemin rural mis en impasse, resta dans le recueil des vœux pieux. Cette possibilité aurait certainement coûté parce qu'à l'époque il y avait quatre à cinq voies à traverser  et un dénivelé non négligeable à rattraper mais cela aurait été, dans tous les cas de figure, un itinéraire pédestre plus court pour gagner le cœur du village; par exemple la place Malbec aurait été seulement à 320 mètres de la gare. Pour atteindre la mairie on aurait gagné environ  450 mètres. À l'époque où les piétons étaient nombreux, voire majoritaires, cela aurait été appréciable. 

 

 

Cadastre du Terriol.jpg

 

 

Le cadastre.

 

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Le chemin rural épousait, à peu de chose près, le trait rouge. Belvès l'a neutralisé pour permettre l'arrivée du chemin de fer. Monplaisant, au cours des mandatures de 1971 à 2002, n'a pas lésiné pour démanteler son héritage patrimonial de chemins ruraux et a donné le coup de grâce au niveau du Moulin de Gamot.

 

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Bien indépendamment de la regrettable soustraction de l'intérêt général pour satisfaire un intérêt particulier du segment monplaisanais la disparition de fait de ce chemin, côté Belvès, a fait que certains piétons ont créé un sentier "sauvage" partant à mi-côte du Terriol, en sectionnant des parcelles privatives de landes et d'anciens jardins et atteignant la gare au niveau de l'ancienne petite retonde. Elle se calait sous la colline, côté nord, entre le viaduc -dit de Fongauffier- et la gare. Cet itinéraire "hétérodoxe", relativement doux, a perduré de nombreuses décennies pour disparaître sous la végétation à la fin du siècle que nous venons de boucler. Notons qu'aux siècles précédents le fonds de commerce des panneaux d'interdiction [propriété privée, passage interdit, etc.] était bien moins florissant qu'aujourd'hui. Les piétons, souvent, réduisaient leurs parcours, sans se poser de question, en foulant les espaces privatifs sous réserve qu'ils ne soient pas cultivés. C'était la permissivité sociétale de l'époque qui l'admettait. Ceux qui s'y opposaient étaient souvent perçus comme associables.

Ce passage"sauvage" était surtout emprunté par les Belvésois du Terriol, du quartier Malbec, de la Brèche et par les écoliers. 

 

Il paraît peu probable que de nos jours, où l'espérance de vie de la ligne, pour le très long terme, n'est pas d'une certitude absolue, [doux euphémisme] on trouve nécessaire de renouer avec cette possibilité qui, somme toute, pourrait encore donner aux voyageurs, ceux qui n'auraient pas peur de l'escarpement, un tonique et bucolique sentier pédestre. Il n'y aurait plus besoin d'ériger une passerelle mais seulement un escalier. Le franchissement des voies de la gare qui, inévitablement, susciterait une objection sécuritaire de R.F.F serait impérativement à fiabiliser avec un système de feux de permissivité. 

 

 

Chemin rural de la gare.jpg

 

Il y a encore des piétons qui vont ou viennent de Belvès à la gare par la rampe de l'Oratoire qui n'a rien à envier aux venelles des villages de montagne. Il faut bien admettre que cet itinéraire n'est pas d'une sécurité parfaite; notamment pour les piétons chargés ou d'une mobilité restreinte.

 

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Des idées totalement fantaisistes ont circulé. D'aucuns auraient vu la pertinence d'un funiculaire... bonjour le coût ! Un peu moins fantaisistes d'autres auraient imaginé un souterrain couplé à un ascenseur pour atteindre la place Malbec. Tout cela, bien entendu, à ma connaissance n'a jamais été autre chose que des hypothèses hors de portée et invraisemblables; en Bigorre on aurait dit de "café de commerce".

 

 



05/08/2015
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