Fongauffier-sur-Nauze

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Le Vallon des Cabanes.

 

Nos cours d'eau, du plus modeste ru au puissant Amazone, sont en danger permanent. Certains disparaissent totalement, comme la Molette, en Seine Saint Denis, balayée par les immeubles, ou partiellement, comme la Bièvre sur la R.G de la Seine, en plein Paris, elle aussi victime de l'urbanisation, ou la Cuze, à Sarlat, recouverte pour la salubrité de la cité, d'autres, curieusement et très rarement, renaissent.  La rivière Boronyane au Botswana est réapparue pour la première fois depuis 1988. Ses eaux s'écoulent vers le fleuve Thamalakane.

L'érosion dans le sud du Périgord, tout comme dans le proche Villeneuvois, a labouré les plateaux hercyniens, bien entendu, comme partout ailleurs. Dans cette région du Sud Ouest où coulent la Dordogne, le Lot et la Garonne nos anciens avaient dénommé ces niches, qui  constituent des vallons, souvent secs, des serres. Elles dominent de manière marquée, parfois de plus de 100 m. Ces cavités, de part et d'autres de vallées plus importantes, accusent, parfois, des dénivelés de l'ordre d'une centaine de mètres. La coiffe de ces vallons prend souvent le nom d'un "pech", Pech Bracou, à Siorac, ou de Puy, le Puy d'Aumon, au Bugue.

Ces serres ont hébergé les derniers vestiges de la glaciation, rien à voir, bien entendu avec "Le petit âge glaciaire", qui a sévi du XIIIème au XIXème siècle.

 

 

 

N'allons pas imaginer des vallées glacières dans ce Val de Nauze ; ce thème suscite des avis divergents au sein des experts scientifiques et, par ailleurs, il faudrait identifier, pour une vallée, la traçabilité d'une moraine supérieure. Retenons, plutôt, le principe de l'immense inlandsis, chape glacière des reliefs du Massif central. La glaciation du Quaternaire, antérieure à 1,65 million d'années, en se terminant, a certainement modelé nos paysages.

 

 

 

Le vallon des Cabanes.

 

 

Claude Barrière, professeur d'histoire & géographie, au collège-lycée de Belvès, à la fin des années 50, prenait pour exemple le Vallon des Cabanes [l'orthographie des Cabanes demeure aléatoire, les Cabannes ou l'Escabannes suivant les sources et supports] pour expliquer, aux collégiens de sixième et aux lycéens de seconde*, le phénomène des cours d'eau disparus.

 

Le cours d'eau qui s'inscrivait dans le Vallon des Cabanes a disparu depuis peu ; eu égard aux temps géologiques. Il n'est pas exclu qu'il ait continué de couler, plus que probablement par intermittences, jusqu'à l'orée du XIXème siècle ; coïncidence ou hasard, époque ultime de la fin du "Petit âge glaciaire".

 

Claude Barrière disait à ses élèves qu'au début du XXème on trouvait encore quelques vestiges du creuset de ce cours d'eau. Il s'appuyait surtout sur son observation du "cône de déjection", espace alluvionnaire qui se situe à la confluence des cours d'eau. Dans le cas des Cabanes, ce cône de déjection, plus que largement touché par l'érosion, ne relève que du détail infinitésimal.

 

On notera, cependant, qu'une source, celle de "La Fontaine du Noyer", se place pratiquement à la jonction du Vallon des Cabanes et de la Nauze.

Tout le monde sait, bien sûr, que les cours d'eau, interpellés par le tarissement, recouvrent, parfois, même souvent, un lit phréatique, vulnérable lui aussi.

 

* Les programmes de géographie des classes de sixième et de seconde se plaçaient, à l'époque, dans le même chantier pédagogique, les généralités géographiques. Les cinquièmes "Le Monde moins l'Europe et l'U.R.S.S", les quatrièmes "l'Europe et l'U.R.S.S moins la France", les troisièmes "La France et sa communauté".

 

 

Texte et photo Pierre Fabre.



02/09/2011
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