Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Les mouillères ne sont point des moulières.

 

 

 

Notre blog vient d'accueillir, ce mardi, dans son lectorat, deux internautes qui s'auto-taxent d'immigrés alsaciens. Cela fait plaisir de voir des nouveaux venus de cette province qui nous est chère par sa richesse historique et patrimoniale, certes, mais aussi par le lien inoubliable qui a rapproché nos aînés quand la peste brune souillait l'Europe et le monde.

 

Je me garderais de citer leurs noms ce serait, peut-être, une immixtion mais je leur souhaite la bienvenue sur ces modestes pages informatiques de Val de Nauze et de Fongauffier-sur-Nauze.

En guise d'accueil je leur propose un article qui leur indique que nous parlons certainement, au quotidien, avec des nuances de diction et de vocabulaire, par rapport à Bischheim ou à Wissembourg, mais nos licences locales constituent la finesse et l'assemblage d'une langue, d'une belle langue, qui est la nôtre et qu'il faut savoir aimer et protéger.

 

Pierre Fabre

 

 

 

Le décès de notre ami Michel Pelletier qui créa le blog "La mouillère du sanglier" m'amène, après ma balourdise d'écriture, relevée à juste titre par Jean-Paul Chaumelj'ai écrit, sans réfléchir, moulière, à parler un peu de ces mouillères qui, dans notre ruralité, n'ont pas tout à fait le sens qui est donné dans les encyclopédies.

 

 Étymologie

→ voir mouiller et -ère.

 Étymologie

Du latin populaire *molliare (« attendrir en trempant, rendre mou »), variante de mollire (« amollir »), de mollis (« mou »).

 

Nom commun

Singulier

Pluriel

mouillère

mouillères

/mujɛʁ/

mouillère /mujɛʁ/ féminin

  1. (Géographie) Sorte de tourbière.
  • Certaines régions, en général granitiques, des Pyrénées, comme le Carlit, Capeir, Neubielhe, possèdent des dépressions tourbeuses, colmatées plus ou moins complétement, anciens lacs comblés, appelés mouillères. — (Henri GaussenGéographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p.169)
  1. (Agriculture) Partie d'un champ ou d'une zone enherbée affectée sur une faible surface par une sortie d'eau localisée, temporaire ou permanente.
  • Les mouillères sont formées soit par la remontée de sources souterraines, soit par accumulation d'eau de ruissellement dans des zones plus creuses du terrain.

 Cliquez sur les images.

 

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Ces cercles d'un vert plus affirmé, à la fin de l'automne 2011, qui intriguent  Anne Leygue, [Photo Pierre Fabre] ont, peut-être des mouillères à moins qu'il ne s'agisse de très lointaines lointaines traces d'un habitat préhistorique car on trouve beaucoup de silex sur la parcelle.

Ces traces rondes, au sol, peu visibles à l'automne, mais bien nettes au printemps, intriguent Anne. Jacques, dit Raymond, son père, pense qu'il s'agirait, plûtot, d'ultimes traces de brûlis ; après l'éradication des chênes qui occupaient cet espace devenu une pâture. Quarante ans après cela paraît, tout de même, surprenant. 

 

Celles et ceux dont l'antériorité paysanne ne requiert pas les travaux de généalogistes pour retrouver leurs bonnes racines plébéiennes et paysannes ont tous entendu parler des mouillères et plus spécialement quand les laboureurs à l'automne voulaient retourner leurs champs soit à l'approche des semailles, ou pour permettre à la croûte superficielle de bénéficier du travail de la nature par le gel et par la pénétration des pluies. Quand les labours se faisaient avec des bœufs ou des chevaux les mouillères, certes, étaient remarquées par les laboureurs mais si elles contrariaient un peu le travail ne le perturbaient pas outre mesure. Il n'en était pas de même quand un tracteur s'embourbait dans une moulière et il fallait, en général, recourir à la puissance d'un autre engin pour le sortir de là.

Nos mouillères ne sont donc que des points d'humidité assortis ou non de petites sources. Elles se remarquent dans les parcelles par le côté plus verdoyant lors des saisons sèches.

 

CIMG3613.JPG

 

Plus conforme à la définition encyclopédique des mouillères les mares éparses du Périgord, celle-ci est une de la Forêt Barade, [Photo Pierre Fabre], d'environ cent mètres carrés, elle correspond parfaitement à une mouillère. Les sangliers viennent s'y rouler pour se rafraîchir et, aussi, pour se débarrasser de parasites.

Faut-il rappeler que ces mares abritent des écosystèmes. Leurs flores et leurs faunes constituent des musées vivants. Elles sont parfois décriées parce qu'elles favorisent des présences de sauriens, que l'on apprécie diversement, et amènent la multiplication des moustiques.  

Dans nos campagnes on appelait ces mares des "lacs", expression passerelle de l'occitan au français, tout comme on désignait les biefs des "étangs" ce qui, bien entendu, n'est pas du tout la même chose.

Ces fantaisies linguistiques ont tendance à disparaître, heureusement pour la pureté du français, mais, hélas, pour la "saveur" de nos expressions locales qui font sourire celles et ceux qui ne les connaissent point.

 

 

 



26/09/2013
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