Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Les ponts de la Nauze.

 

 PATRIMOINE

 

 

Cliquez sur les images pour les voir agrandies.

 

 

  “Men build too many walls

 and not enough bridges.”

 

 

  [Les hommes construisent trop de murs et pas assez de ponts]

 

 

Isaac Newton.

Mathématicien, physicien et astronome. (1642-12-25 - 1727-03-20).

Il faut, bien entendu, dégager ce précepte du théoricien de la gravitation et le ramener à sa juste image métaphorique. Newton a été peu épargné par les vicissitudes, on supposait qu'il trépasserait le jour de sa naissance, et, déjà orphelin de père, il fut abandonné par sa mère à l'âge de trois ans. Cette dernière convola en deuxième noce avec un pasteur qui ne voulut pas entendre parler de lui. Belle image de charité chrétienne. Newton, marqué par ce rejet, préféra ne jamais se marier.

Théorie de la gravitation : "Tous les corps s'attirent avec une force proportionnelle à leur masse respective et inversement proportionnelle au carré de la distance qui les sépare".

 

 

Les ponts monplaisano-sagelacois de la Nauze.

 

Notre Nauze, bien modeste cours d'eau, a besoin, pour être franchie, de ponts. Nos ancêtres du Néolithique, pour traverser les rivières, notamment pour chasser ou pour aller cueillir des récoltes biologiques, n'hésitaient pas à se "jeter à l'eau" quand il n'y avait pas d'autre moyen comme des passages de pierre.

Depuis la plus haute antiquité nos ancêtres ont érigé des ponts, ouvrages indispensables, pour le charroi, de franchissement des rivières. De Vaurez à la Tute, environ, 4 Km, notre rivière compte cinq ponts du patrimoine public. Les trois plus anciens  présentent une assise moyenâgeuse et le plus récent, bâti à la fin des années 60,  pour l'heure, se trouve, temporellement, en impasse car les  résidents de ses abords contestent, "arbitrairement" et d'autorité, l'essence du chemin rural qui  passe devant leur ancien moulin.

 

 

Le pont du Moulin de Mayne, à Vaurez, est multi-communal. Il est le point de jonction de Belvès, pour la partie sud, Monplaisant et Sagelat se partagent la partie nord. Cet ouvrage permet à la R.D n° 52 de suivre le creuset du Mamarel pour atteindre St Amand, Grives et St Laurent. Il ouvre un des deux itinéraires vers le Quercy. Sans pouvoir dater la construction d'origine on peut supposer qu'elle remonte à plusieurs siècles, voire au Moyen-âge. La forme arrondie de ses piles n'est pas la plus performante pour l'échappement de l'eau en période de crue.

 

Ce pont vient d'être rénové.

 

 

 

Ce pont du bief du Moulin de Mayne est monplaisano-belvésois.

 

 

 

Vaurez la Nauze se contente de ce mince filet d'eau. Ouvrage belvésois.

 

 

 

Cet ouvrage secondaire, en comparaison de celui du bief, recouvre le lit naturel de la Nauze. Ce pont s'inscrit dans les communes de Belvès pour moitié et de Sagelat et Monplaisant pour l'autre moitié. La bien modeste Nauze naturelle, qui a beaucoup donné au bief du Moulin du Mayne, après avoir reçu, à Vaurez, la Grille, sur sa R.D, et le Mamarel, sur sa R.G, discrètement s'échappe vers Fongauffier.

 

Le pont du Bas de la Côte, dont l'assise paraît identique à celle du bief du Moulin du Mayne, doit avoir été construit à peu près à la même époque. On notera que l'accès de la Nauze à Belvès, jusqu'au XIXème siècle se faisait, d'une part,  par les côtes sévères de l'Oratoire et des Pénitents, de Vaurez à la Croix des Frères, et, d'autre part, du Terriol, du Bas de la Côte à la place Malbec. Il existait, aussi,  un chemin, tout aussi pentu, qui reliait Fongauffier à Belvès par le coteau du Bloy. Certaines minutes notariales le désignaient "chemin de Carves".

Ce pont  donnait l'accès au "Moulin du Pont", à l'église de Sagelat et ouvrait un itinéraire par les Mauvelas [mauvais lieu] vers Carvès et le nord de Grives.

 

 

 

Le pont du Bas de la Côte sépare Sagelat et Monplaisant.

 

Fongauffier le village aux trois ponts.

 

Le bourg de Fongauffier, village abbatial, de 1095 à 1792,  a toujours été fier de son décor avec, pour pièce souveraine, la Nauze, rivière bien paisible, capable, cependant de furies séculaires. Celle concomitante à l'Empire a connu l'emportement de plusieurs maisons et du moulin. Elle précipita de vie à trépas la famille meunière ; le meunier absent, il était à la foire de Belvès, fut le malheureux rapporteur de cette tragédie.

 

 

 

Qu'il est beau le pont de la République, ouvrage sagelacois, lors d'une nuit festive !

 

Le pont de la République date de l'époque de la renaissance de la République, vers la fin du XIXème, quand fut tracée la route qui devint, en 1931, le C.D n° 53. Cette route nécessita, pour franchir la rivière, l'implantation d'une butée de 300 mètres de long. Elle se répartit de part et d'autre du pont. Cette butée fut percée d'un ouvrage permettant, coté Sagelat, l'écoulement de l'eau en période de crue. Les Fongauffiérains dénommèrent cette route, "Route de Sarlat" parce qu'à l'époque on recherchait l'itinéraire le plus court. Cette butée a été bordée de marronniers. Les Fongauffiérains et les Belvésois aimaient beaucoup y musarder et on notera que cette promenade était unique dans le canton.  Pour la petite histoire les créateurs de cette butée se sont rendus compte qu'ils travaillaient sur le socle d'un des deux anciens cimetières fongauffiérains ; presque une profanation. Quatre vingt ans plus tard, lors du percement  de la rue de la fontaine, pour l'adduction d'eau potable, les ouvriers ont découvert l'autre cimetière fongauffiérain oublié depuis longtemps. La pèle mécanique a exhumé les restes d'un très jeune enfant ; probablement un enfant recueilli par les abbesses.

 

 

 

 Une architecture aussi simple qu'élégante.

 

 

Le pont des abbesses, le plus vieux, remonte à l'époque moyenâgeuse. Il est complété du pont du bief. L'ire de la Nauze du début du XIXème maltraita cet ouvrage multi séculaire à tel point que, pendant des années, il fut impraticable. Il a été rétabli, avec l'aide de deniers belvésois, pour ramener la clientèle des foires et des marchés qui, à cause de cette rupture, délaissait le commerce du castrum.

Lors d'une animation, fort bien réussie, sur le thème de l'eau, une saynète rappela qu'au  XIXème les édiles s'interrogeaient sur la pertinence d'un "curieux" rattachement administratif avec Belvès à cause des emportements de la Nauze.

 

 

 

 

Au pont des Abbesses, ouvrage sagelacois, la pile centrale a une forme triangulaire. C'est le moyen le plus pertinent pour casser la puissance de l'eau, lors des crues, et pour la diriger sous les arches.

 

Le pont de Lavergne, lui, fait débat. Construit au début des années 60, sous l'impulsion de Cyprien, dit Roger, Faget, élu au conseil municipal de Sagelat en mars 1959 et de Jean Delcombel, élu monplaisanais depuis 1953,  il supplanta l'antique gué qui était complété d'une passerelle piétonne.

 

Ce pont séparateur de Sagelat et de Monplaisant a été payé par les contribuables des deux entités mais, semble-t-il, avec une participation sagelacoise plus importante. Ce fut Henri Laval, un maçon sagelacois, qui réalisa l'ouvrage.

Depuis deux ans Lavergne connaît une situation "sulfureuse". Les résidents de l'ancien moulin contestent la nature du chemin rural et ont bouclé, unilatéralement et sans le moindre ménagement, un passage qui depuis des temps immémoriaux était emprunté non seulement par les riverains mais aussi par les promeneurs, les prestataires et les exploitants agricoles.

 

 

Pour terminer un dernier pont de ce cours monplaisano-sagelacois a disparu du patrimoine communautaire depuis bien des décennies. Le pont de la Tute-haute est devenu privé par aliénation d'un segment de chemin rural. Ce tronçon permettait la connexion monplaisano-sioraco-sagelacoise de Fonmorte vers Pessarni en passant par la Tute-haute. Cette connexion avait, certes,  perdu, un peu, de son intérêt avec le déport du chemin rural de Fonmorte vers le Raunel quand le chemin de fer a modifié l'assiette du chemin. 

 

 

 

La Nauze termine son parcours à Siorac. Là elle rencontre sa suzeraine. Laissons notre philosophe  La Boétie la magnifier.

Le Pont de Siorac fut livré à la circulation en 1857. Au début il était à péage, ces taxes perpétuaient le droit du passeur. La République l'a rendu gratuit.

Ce pont remplace divers ouvrages précédents emportés par les furies du fleuve. Les barrages régulateurs sont relativement récents, ils furent, essentiellement, les grands chantiers de la Quatrième République.

 

Pour la toute petite histoire l'actuel Pont de Siorac fut placé sous la protection de la Vierge. Qu'il soit permis d'ignorer, ou de ne point avoir d'avis autorisé sur cette protection intemporelle, mais saluons la qualité perceptible du génie civil de ses bâtisseurs !

 

 

 

 

Texte et photos Pierre Fabre.

 



16/09/2011
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