Fongauffier-sur-Nauze

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Siorac en prise directe avec l'actualité dramatique.

 

 

Jean-Pierre Riehl, maire de Siorac, s'est exprimé le 20 novembre et a fait parvenir les textes des interventions de la soirée bougies sioracoises.

Il y avait plusieurs  dizaines de bougies allumées pour cette cérémonie qui a réuni environ 150 personnes sous le froid et la pluie.

Rappelons la date de mercredi 25 novembre, à 14 heures, pour les obsèques du jeune Maxime au Coux.

 

 

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Mesdames, messieurs,

 

Nous sommes, hélas, à nouveau rassemblés autour de ce monument comme en janvier, pour  être ensemble, se soutenir et montrer que nous sommes debout.

Je vais vous expliquer un peu le déroulement de la soirée que j’ai souhaité simple mais solennelle.

Nous avons ici été doublement atteints par notre appartenance à la France et à la Dordogne où l’un des nôtres figure parmi les victimes. Maxime Bouffard, beaucoup d’entre vous l’ont côtoyé qui à l’école maternelle ou primaire, qui au collège et au lycée, qui sur les stades de rugby ou au Lucky à Siorac. Il était un brillant réalisateur et ces dernières semaines, il y a eu des émissions réalisées par lui qui sont passées sur le petit écran, il était en train de préparer un clip pour une chanson sur Joséphine Baker. Pour ma part, c’était d’abord le fils de Marie Laure et de Jean-Marc que je connaissais bien, professionnellement et amicalement et la dernière fois que j’ai vu Maxime, c’est au cours d’un repas que nous avions partagé, cet été, à la fête de Mouzens où nous étions à la même table.

Maxime est un Couxois, le voisin le plus proche de Michel Rafalovic que je veux ici remercier ainsi que son épouse Dany pour avoir pris en charge les parents de Maxime, dès vendredi soir et d’avoir été avec eux dans les démarches administratives lentes et astreignantes à Paris. Dans un premier temps, je vous inviterai à observer pour toutes les victimes, mais aussi pour les blessés et pour les survivants qui ne verront plus jamais la vie avec le même regard, une minute de silence.

Je demanderai ensuite à Michel de nous parler un peu de Maxime.

Les deux plus jeunes conseillers municipaux de Siorac-en-Périgord, Ghislane et Benjamin vont vous lire les derniers paragraphes d’un texte de Camus. Nous écouterons une chanson de Serge Reggiani interprétée par Dominique Babilotte qui était venu chanter en mars 2015 et qui avait programmé ce chant, suite aux attentats de janvier.

Je prendrai à nouveau la parole pour vous dire ce que j’ai sur le cœur, puis nous terminerons en chantant à cappella l’hymne national.

Et pour bien marquer notre attachement à l’esprit français, ceux qui le désirent auront la possibilité de prendre un verre de vin chaud préparé par notre spécialiste Raymond Valats et prolonger ainsi ce moment de partage.

 

J-P Riehl.

 

 

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Hommage aux victimes du 13 novembre 2015.

 

Maxime, cette soirée t’est dédiée ainsi qu’à tous ceux, qui comme toi, ont été lâchement assassinés dans la soirée du 13 novembre 2015. Si, en janvier, une de nos valeurs républicaines, la liberté d’expression, avait été visée ainsi qu’une fois de plus les juifs, aujourd’hui, c’est la France entière, la France terre d’exception car porteuse des lumières dès le 18° siècle. La France, pays de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen où les hommes naissent libres et égaux en droit.

La France, pays de l’Egalité entre les hommes et les femmes où chacun et chacune peuvent vivre à visage découvert, peuvent travailler dans la profession qu’ils souhaitent, peuvent conduire les véhicules qu’ils souhaitent, peuvent disposer de leurs propres revenus, peuvent ou non se marier avec la personne de leur choix, avoir des enfants et les élever dans l’égalité au sein de l’école républicaine.

La France, pays de la Liberté, liberté de s’exprimer, d’écrire, de dessiner, de boire un pot au bar, de manger au restaurant, d’aller au spectacle et cela, seul ou avec des amis, des amis qu’ils soient blancs, noirs ou jaunes. Des amis qui croient en Dieu ou non, que ce dieu soit Yahvé, Jéhovah, Allah, qu’il ait ou pas de nom. Un dieu dont toutes les religions disent qu’il est un dieu d’amour et dans ce cas, croyez-vous que s’il existe, il est besoin du crétinisme des hommes pour se faire connaître. Ce dieu, s’il existe, a donné aux hommes la liberté de croire ou de pas croire, le reste, tout le reste n’est qu’ambition démesurée des hommes qui veulent se prendre pour dieu et agir en son nom.

La France, pays de la Fraternité, depuis que la France est France, elle a accueilli les populations étrangères et leur a permis de s’intégrer et ceux qui ont voulu ont réussi. Je ne vais pas faire un cours d’histoire mais les Mazarin, les Poniatowski, les Sarkozy, les Valls et même les Riehl ne sont-ils pas des fils d’émigrés. Si le sentiment de fraternité s’imposait sincèrement, définitivement, sans arrière-pensée, nous n’aurions pas à nous inquiéter du cosmopolitisme de notre pays. Je reviens du Canada où j’ai passé quelques jours dans une ville de plus de 7 millions d’habitants  dont 50% ne sont  pas nés dans le pays, qui compte 19 nationalités différentes et  pourtant cette ville vit en harmonie avec tous ses habitants.

La France, pays de la Laïcité, seule cette laïcité permet la libre expression des religions ou des non religions. Elle permet l’expression de tous les cultes, impose le respect de chacun y compris des libres penseurs, des athées et interdit tout prosélytisme.

C’est cette France, notre France qui a été blessée, meurtrie dans sa chair et dans son esprit, vendredi 13 novembre. C’est pour elle que nous sommes ici ce soir, avec une pensée pour ceux qui sont morts pour elle, pour les blessés et leur famille. Nous devons rester debout pour que vive la République, pour que vive la France, pour que vive l’ensemble de nos villages.

 

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23/11/2015
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