Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

À vos stylographes.

SAGELAT

 

Il reste encore quelques dizaines de places à combler pour le déjeuner du Téléthon du 2 décembre. N'hésitez pas à vous inscrire au 06 80 67 48 55 ou au 05 53 59 51 84.

Prix par convive 15 € par adulte et 8 € pour les enfants.

 

Si, pour des raisons diverses, vous ne pouvez, ou ne souhaitez, pas vous joindre à ce repas vous pourrez néanmoins venir un peu avant 16 heures et participer à la dictée humoristique.

 

Rappelons que cette journée sera animée par "Les galapians du Céou" qui donneront aux personnages de leurs saynètes toute leur saveur.  

 

 

 

 

 

Francis d'Angelo sera, le 2 décembre, le Maître Capello sagelacois.

 

Notre érudit va proposer aux convives du déjeuner du Téléthon, pris à la salle des fêtes de Sagelat, une dictée humoristique.

Chaque participant acquittera la modeste contribution de 2 € au bénéfice du Téléthon.

 

Attention aux pièges. Francis s'est mis au travail pour nous épargner une dictée, certes fort belle et ludique, mais ô combien difficile, du type de celle de Jean-Pierre Colignon.

 

 

 

 

Cycliste en quête d’un tandem

par

 

 

 

Jean-Pierre Colignon.

 

Spécialiste de la langue française et écrivain français, J-Pierre Colignon a été, pendant près de 20 ans, chef du service correction du journal Le Monde.

 

De l’aube bleutée à minuit passé, les mercredi et samedi de chaque semaine, Élodie aux yeux pers et aux cheveux auburn se démenait, passant des pistes en Tartan du vélodrome vieillot de sa commune aux sentiers les plus cahoteux des collines environnantes. Très courtisée, entraînant dans son sillage nombre de soupirants, on la voyait parcourir à vive allure tous les chemins départementaux, et plus d’un promeneur devait s’écarter précipitamment pour lui laisser la voie libre. (Fin cadets)


Son vélo tout-terrain avait été enjolivé par l’adjonction de multiples fanfreluches adaptées aux tenues froufroutantes de la belle, et les chromes brillaient au soleil. Très fière de son deux-roues, cette sportive quasi insane eût-on dit, cette athlète nyctalope qui par ailleurs pratiquait dans son jardin le tir de nuit au grand dam d’une hulotte nichant dans la futaie contiguë, aimait montrer ses chromes aux hommes. (Fin juniors).

 

 

Sportive accomplie, Élodie avait toutefois couru en vain derrière ses études… Alors, passé l’émerveillement devant son ravissant minois, les sigisbées successifs fuyaient la péronnelle,  son manque de cervelle, son inculture aux profondeurs hadales et son insignifiant caquetage. Notre héroïne avait beau se présenter aux bals les plus cotés enturbannée d’un madras rubané de soie rouge Carpaccio et vêtue d’une robe de brocart enrubannée de mousseline, les soupirants prétendument passionnés la délaissaient. Nul hyménée en vue ! Seul se présentait un vieillard décrépit et décati, dont la conversation revenait sans cesse sur une splendide abbaye autrefois donnée en commende à un grand-oncle…

 

 

Ulcérée par une déconvenue supplémentaire, la désertion brutale d’un petit ami  -  scélérat quittant le navire  -, Élodie abandonna sa région pour s’installer dans la bonne ville de Sèvres. Là, extravaguant autant que possible par un accoutrement original et des cheveux coupés court, elle s’imaginait bientôt exhaussée sur un pavois par des admirateurs enthousiastes. Le fait est qu’elle sympathisa avec un groupe de jeunes gens, qui tous avaient un emploi, quoique étant dépourvus du moindre diplôme. Trois mariages étaient d’ores et déjà prévus, et un quatrième s’y ajouta : pataud, balourd, empoté, un rouquin aux yeux vairons renversa sur Élodie le verre de sauternes qu’il brandissait avec exubérance. C’était l’héritier d’une grande famille de viticulteurs de l’Entre-deux-Mers…

 

Aux excuses présentées sur-le-champ succédèrent des invitations et des sorties. N’étant point marri des propos superficiels d’ Élodie, le futur  -  un peu simple  -  fit sa demande, qui reçut une réponse positive. C’est ainsi que les quatre couples, tous unis vers Cythère, convolèrent en justes noces le jour de la Saint-Médard.

 

Alors se répandit un calembour dû à un amateur de peinture, qui  -  d’après le titre d’un tableau de Jean-Baptiste Greuze :  la Cruche cassée  -  surnomma Élodie « la cruche… casée » !

 

© Jean-Pierre Colignon, septembre 2008. 

     


Avant de dire que là il y a faute, par exemple pour commende, assurez-vous bien, en consultant vos documents de référence, du sens du mot. 

 

Le corrigé dans le blog de demain.


    

 



21/11/2012
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 213 autres membres