Fongauffier-sur-Nauze

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Bruno Marty ; un chasseur d'images d'exception.

 

 

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Qui est Bruno Marty. Ce quadragénaire dont les racines paternelles fouillent les sols sagelacois et belvésois, sa famille maternelle est plutôt francilienne, s'approche du demi-siècle. Il vit le jour, au gré des affectations de ses parents, dans la bonne ville de Lomagne de Castelsarrasin. Après le lycée il rentre dans les services des plus hautes instances dirigeantes des Postes où il passe une vingtaine d'années. Dans ces lieux, respectables certes, il ne trouve pas le moyen de concrétiser son besoin d'indépendance et de créativité.  Il s'envole vers la Polynésie où il vit les deux tiers de l'année.

Bruno a emporté le 1er prix du Concours mondial annuel, 1992, du Magazine Photo sur le thème "Nature et paysages". Pour se hisser sur ce podium il lui a fallu se placer au sein d'environ 35 000 clichés, pris sur tous les continents.

La richesse patrimoniale qu'il nous restitue est immense mais, aujourd'hui, nous n'aborderons pas  ses jachères; le centenaire de l'aéroclub belvésois, les six années de fêtes médiévales et pas davantage le travail gigantesque qu'il a mené avec ses oncles Jean-Jacques et Christian sur les "Campagnes du Périgord". Ce sera pour d'autres échéances.

 

  

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Observez la réflexion du T.E.R dans les eaux de la Dordogne.

 

Un sacré métier. Commençons par un pléonasme photographe est un métier au même titre qu'ingénieur du son, conducteur de pelle, clerc de notaire ou géomètre. On peut faire de la photo, même de très belles photos sans être photographe, tout comme nos grands-mères faisaient de la bonne cuisine sans être cuisinières, mais force est de constater que la photographie est un art Cet art requiert de la méthode et cela ne s'improvise pas. On cherche à éviter les ombres ou, parfois, à jouer avec elles, on recherche l'angle le plus pertinent, le sourire qui bonifie un personnage, une colère qui le rend bien sévère, une moue qu'il faut savoir saisir à la seconde où elle traduit un désappointement, une réunion de personnages insolites qui normalement s'évitent, une poignée de main historique et tant d'autres détails qui quelquefois, bien des décennies plus tard, seront des témoignages ponctuels d'histoire ou de petite histoire.

La nature et les formes insolites apportent, elles-aussi, leurs originalités. Une lune prise sous l'arche d'un pont, la tétée de jeunes chiots, l'envol d'une cigogne, le passage d'une péniche sur un pont canal, les gravures dans le ciel de traces de voltiges aériennes sont autant de scènes qu'il faut savoir saisir.

 

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Une peupleraie à Alles-sur-Dordogne.

 

Témoin de la nature et de l'histoire. M. Jourdain, certes, faisait de la prose sans le savoir mais le photographe artistique lui sait ce qu'il fait et pour que ses images soient des œuvres d'art il faut qu'il exploite, juste au moment voulu, la scène qu'il veut mettre en valeur. Imaginez un photographe prenant une arrivée de course serrée au point d'avoir besoin de l'image pour établir le classement. On y verra bien sûr l'ordre d'arrivée mais aussi l'ultime souffrance des compétiteurs et, peut, être la joie du vainqueur ressortira de ce témoignage de même que la déconvenue du challenger défait.

 

La caméra, pour certains, a relégué l'image au second plan. C'est certainement inexact car l'image figée, quand elle est parfaitement prise, traduit plus encore le temps le plus fort d'une scène, d'une manifestation. Le peintre, lui, peut s'accorder quelques licences. Il n'est pas certain que les personnages que David a inclus dans la scène du sacre de Napoléon y aient tous été. Le photographe ne peut s'autoriser la moindre liberté avec la vérité. On peut, bien sûr, avec des montages falsifier l'histoire mais pas avec des photos authentiques.

 

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Superbe. Le viaduc en courbe de Larzac. 

 

Bruno Marty s'est calé sur 150 ans de patrimoine et de vie ferroviaire. Il a joué, mais non triché, avec la réverbération. Ses images sont quasiment, et encore cette nuance est de trop, des œuvres d'art. Dans ses montages graphiques il a valorisé la lumière d'automne. Il s'est servi des jeux des reflets. Il s'est plu à magnifier le grésil sur viaduc de Larzac et à mettre en avant le manoir de Pech Gaudou.

 

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Pech Gaudou 424 ans après le passage d'un Béarnais célèbre qui filait sur Paris à la recherche de sa couronne.

 

Ses travaux sont longs et précis. Un bon photographe ne part pas au hasard. Il jongle avec la météo. Le repérage doit être minutieux et ne parlons pas de la préparation du cadrage et du plan.

 

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Raunel et son ouvrage particulier.

 

Il lui a fallu un travail de quatre ans et parcourir 4 000 km pour restituer ces images patrimoniales. Pour photographier un T.E.R franchissant l'ouvrage du Raunel il n'a pas hésité à s'armer d'un escabeau posé dans le ruisseau du même nom.

 

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À Beynac pour surprendre un T.E.R avec une vue sur le château il a dû se glisser dans l'eau très fraîche de novembre avec pour témoins effarés les passagers d'une gabarre tardive.

 

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Au lieudit Fumel, commune de Mauzens-Miremont, théoriquement, on est à l'équidistance du pôle et de l'équateur.

 

Notons et soulignons que Bruno a opéré seul dans la nature pour le plus grand plaisir des yeux des découvreurs de son exposition.

 

Pierre Fabre.

Les photos © sont, naturellement, de Bruno Marty.

 

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 Bruno expose encore, pour quelques jours, dans sa galerie de la rue du Fort à Belvès.

 



05/10/2013
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