Fongauffier-sur-Nauze

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Fête du pont de Siorac.

 

 

 

L'anniversaire de la nuit du 4 août*, date ô combien symbolique dans notre culture citoyenne, mais dont les grands principes relèvent, encore et toujours, -et plus que jamais- hélas, de l'utopie, coïncidera cette année avec la fête du pont de Siorac.

 

Hier le blog jetait un regard sur le Pont du Garry, ouvrage remarquable certes, mais qui n'a rien de commun avec la majesté du pont de Siorac.

 

 

 

 

 

L'actuel pont de Siorac a remplacé des ouvrages plus fragiles emportés par les furies du fleuve. Les ouvrages hydro-électriques régulateurs, dont Bort-les-Orgues, relativement récents, calment, en partie, les caprices fluviaux. Siorac était, dans les époques lointaines, relié à l'autre rive par son gué franchissable quand les eaux étaient basses.

Les plus anciens peuvent se souvenir des vestiges du port dont le lieu d'amarrage était, au pied de l'escalier, sous l'arche sèche. Ce bassin, comblé depuis plusieurs décennies, était secoué par un sérieux remous. Il a en surpris plus d'un et coûta la vie à plusieurs malheureux.   

 

Le site de Siorac qui a toujours connu bien des passages sur son sol dont ceux des Normands et celui, plus terrifiant encore, de Blaise de Lasseran de Massencome, dit seigneur de Montluc (ou Monluc) qui franchit le gué, au tout début d'octobre 1562, pour aller, au nom de sa foi papiste, exterminer, dans les plaines de Vergt, des milliers de réformés conduits par Duras. Il y eut, dit-on, quelques 6000 morts, en majorité chez les partisans luthériens, lors de ce tragique choc. 


Le site de Siorac, depuis 1856/57, est complété d'un superbe pont qui franchit le fleuve. Ce solide ouvrage, placé sous la protection de la Vierge, résista bien aux assauts de la Dordogne -grâce à sa protectrice ou à la qualité du génie civil de ses bâtisseurs- et le péage imposé, au départ, à ses utilisateurs devint caduc avec la République.

 

 

Texte et photos Pierre Fabre.

 



La nuit du 4 août. Tout le monde connaît la "Nuit du 4 aout 1789", date qui a interpellé et qui finalement a été écartée pour notre fête nationale, au bénéfice du 14 juillet, qui symbolise la première sape de l'absolutisme royal. Ce que tout le monde ne sait pas c'est quelle nuit est celle du 4 août ; celle du 3 au 4 ou celle du 4 au 5. C'est celle du 4 au 5 qui est bien celle qui fut historique car la veille, donc le 3 août 1789, le duc d'Aiguillon lance au Club breton l'idée d'une abolition des droits seigneuriaux.

 

Revenons un peu sur ce tumulte de nos ci-devant faisant de la surenchère égalitaire. Si l'on transposait cette ardeur de nos jours il faudrait que la kyrielle de nos ministres et leurs feudataires parlementaires décrètent que leurs indemnités, par solidarité avec les plus humbles qu'ils vénèrent bien plus que leurs avantages, ne dépassent pas l'équivalent de la solde d'un professeur des écoles. Impensable...

 

Le lendemain, en fin de soirée, le vicomte de Noailles propose à l'Assemblée nationale de supprimer les privilèges pour ramener le calme dans les provinces.

Le Duc d'Aiguillon propose l'égalité de tous devant l'impôt et le rachat des droits féodaux.

Tour à tour, dans une ambiance indescriptible, Le Guen de Kérangal, le vicomte de BeauharnaisLubersacl'évêque de La Fare vont surenchérir en supprimant les banalités, les pensions sans titre, les juridictions seigneuriales, le droit de chasse, les privilèges ecclésiastiques.

Le marquis de Foucault fait une « motion vigoureuse contre l'abus des pensions militaires » et demande que « le premier des sacrifices soit celui que feront les grands, et cette portion de la noblesse, très opulente par elle-même, qui vit sous les yeux du prince, et sur laquelle il verse sans mesure et accumule des dons, des largesses, des traitements excessifs, fournis et pris sur la pure substance des campagnes ».

Le vicomte de Beauharnais propose « l'égalité des peines sur toutes les classes des citoyens, et leur admissibilité dans tous les emplois ecclésiastiques, civils et militaires ».

Cottin demande l'extinction des justices seigneuriales ainsi que celle de « tous les débris du régime féodal qui écrase l'agriculture ».

L'évêque de Nancy Anne Louis Henri de La Fare, s'emparant de la parole, après l'avoir disputée à l'un de ses confrères, demande, « au nom du clergé », que les fonds ecclésiastiques soient déclarés rachetables et « que (leur) rachat ne tourne pas au profit du seigneur ecclésiastique, mais qu'il en soit fait des placements utiles pour l'indigence ».

L’évêque de Chartres, présentant le droit exclusif de la chasse comme « un fléau pour les campagnes ruinées depuis plus d'un an par les éléments », en demande l'abolition, et en fait l'abandon pour lui, « heureux, dit-il, de pouvoir donner aux autres propriétaires du royaume cette leçon d'humanité et de justice ».

De Richer, revenant sur l'extinction des justices seigneuriales, demande la gratuité de la justice dans tout le royaume, « sauf les précautions tendant à étendre l'esprit de chicane et la longueur indéfinie des procès ».

Le duc du Châtelet propose alors qu'une taxe en argent soit substituée à la dîme, « sauf à en permettre le rachat, comme pour les droits seigneuriaux ».

 

Source Wikipédia.



30/07/2012
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