Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Vous avez dit "Sous la brèche" !

 Cliquez sur les images et sur le plan.

 

 

Cette superbe carte de visite florale, prise juste avant le premier gel de l'automne 2012, entrée nord-est de la localité, donne une excellente entrée en matière, au dessus de la brèche de la cité belvésoise. C'est à partir de ce panneau que se disputaient, au cours du siècle précédent, les enjeux des courses cyclistes, notamment du Championnat de France des professionnels du 22 juin 1958, lorsque Valentin Huot défit, au sprint final, Raphaël Géminiani et, bien plus tard, en 1972, quand notre populaire Raymond Poulidor, âgé de 36 ans, obtint sa victoire devant Alain Santy au "Critérium national".

 


 

La brèche de Belvès, vallon qui s'inscrit entre la colline monplaisano-belvésoise, Saint Jean, au nord, et la rampe du Terriol au sud, est une excavation collinaire qui, dans le Villeneuvois s'appellerait une serre. Elle est la résultante de l'érosion et de la friction péri-glaciaire de la roche, concomitante à la glaciation de Würm. Ce phénomène a façonné les ultimes contreforts du Massif central jusqu'à notre Quaternaire, entre 130 000 et 13 000 ans avant nous, rien à voir avec le récent P.A.G, Petit âge glacière, des XVIème et XIXèmesiècles.

 

 

L'étymologie de serre, déverbal de serrer, n'a donc pas de rapport avec "la serp" occitane, la couleuvre. La serre est à rapprocher du substantif espagnol "sierra", la montagne. Le  Bos de Serre, relief collinaire de partage des eaux Nauze-Valech à Sagelat, serait plutôt à rapprocher de cette "infinitésimale" notion montagnarde.

On trouve aussi -et surtout- dans la serre une notion, partielle ou totale, de lieu clos ou d'enserrer.

Les serres sont aussi les doigts de certains rapaces. On trouve, un peu partout, des serres ou, au singulier serre, dans les toponymes et, partout, ces notions onomastiques de relief s'imposent naturellement. Dans le long listage des Serres on trouve de Serres-Chevalier à Serres-Castet  en passant par Serres-Montguyard des villes, des villages ou des hameaux toujours concernés par des montagnes ou des collines. Nos voisins allemands ont aussi leur Serres et la Grèce donne à Serrès la préfecture de la Macédoine.

 

Revenons à notre brèche. Elle a bien peu de similitude avec la Brèche de Roland qui a donné quelques licences de plume. Notre brèche, elle, se termine, plutôt, comme un cirque mais, là aussi, on est loin des hauteurs gavarniennes.

Nos anciens ont probablement voulu imager leur brèche en considérant qu'elle est un interstice collinaire.

 

On devine, au piedroit du peuplier légèrement en bas à gauche, le lieu où "Sous la Brèche", quand la sécheresse n'est pas trop présente, peut sourdre l'eau de la colline. On devrait même dire dans la brèche ou au coeur de la brèche.

 

Une superbe erreur de formulation. Qui n'a pas entendu dire en parlant de l'espace plat, jadis planté d'arbres vénérables, hélas abattus, qui se situe au nord-est de la localité "Sous la brèche". En fait –les documents cadastraux l'attestent fort bien- il s'agit de "l'Esplanade de la Brèche". Les Belvésois vont "Sous la Brèche", voir l'arrivée des 100 Km, lors de manifestations festives ou autres, mais ils devraient, plutôt, dire "Sur la Brèche". "Sous la Brèche" c'est donc cette combe de quelques 5 à 600 mètres qui du pied de cette esplanade rejoint le Viaduc dit de Fongauffier, désignation officielle des documents du P.O.

 

Cette combe, lors des périodes de très fortes pluies ou lorsque les sols sont saturés d'eau, est assainie par un fossé naturel de connexion à la Nauze.

 

On peut, toujours au niveau de ce vallon, deviner le creuset d'une petite source qui probablement ne s'épanche que très accidentellement tout comme celle qui, tout en haut de ce val, se blottit, à l'entrée nord, de Belvès contre la courbe de la R.D n° 53. Notons qu'un remblai, au cours du XIXème siècle,  a comblé partiellement le début de ce vallon pour accéder à l'entrée nord de Belvès.

 

La brèche fut un lieu de décharge. Les heureux  Belvésois, qui ont moins de 50 ans, n'ont pas connu cette très longue époque où la cité belvésoise se servait de la pente de la Brèche pour lieu de décharge. Quand on ne savait que faire de certaines reliques ou détritus gênants on entendait dire "C'est à porter sous la brèche" et bien peu se souciaient de la pollution qu'ils pouvaient occasionner. Cette accumulation a, par ailleurs, permis un agrandissement de l'esplanade. Cette conquête sur la brèche n'était pas -et n'est peut être pas encore-, sans risque d'éboulement d'autant plus que la pente n'est que partiellement boisée. Il y a eu plusieurs petits glissements et, aussi, quelques incendies mineurs.  

 

Texte et photos Pierre Fabre.



31/10/2012
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