Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

"I a quicòm que truca ! "

  CARVÈS

 

 

"I a quicòm que truca ! ".

  En français "Il y a quelque chose qui ne va pas".

 

Interpellé par l'O.T de Villefranche pour annoncer "Songe d'une nuit d'été", dans la vieille bastide, bien au centre de l'hiver, le 3 février, et bien que cette manifestation culturelle n'ait rien à voir avec le sujet, j'ai cru bon de fouiller un peu les reliefs carvésois, où J-Paul Ouvrard et ses partenaires ont interprété l'œuvre de Shakespeare,  pour situer la problématique onomastique du Fon du loup.

 

P.F

 

 

Cliquez sur les images pour les améliorer.

 

 

 

 

 

Quand Jean-Paul Ouvrard, avec, pour atout majeur, l'audace de la créativité culturelle se lança, en plein hiver 2006, dans l'aventure du Fon du loup les atermoiements n'ont point manqué au niveau du libellé de ce lieudit.

 

 

 

Jean-Paul Ouvrard, le fondateur du Théâtre du "Fon du loup" et Jana Bojilova, son épouse, sous les frondaisons carvésoises.

 

Le théâtre du Fon du loup, avec toutes les formes subtiles immanentes au genre et au sens des mots, pouvait donner libre cours à une kyrielle d'orthographies.

 

L'orthographie retenue, Fon du loup, correspond parfaitement à celle du cadastre, parcelles de la série 930, de la section C 03. Aussi intéressant, voire passionnant, que soit le document cadastral rien ne permet de lui imputer une parfaite exactitude historique au niveau de l'onomastique. L'orthographie des lieudits, comme des villes, apparaît, parfois, même souvent, aléatoire et fort souvent évolutive.

 

 

 

Face à la scène.  Le théâtre peut accueillir environ 300 personnes.

 

Premier chapitre de questionnement. Le Fon du loup s'applique-t-il à un fond, une combe, certes pas ! Cela serait plutôt un flanc collinaire. Deuxième instance peut-on imaginer un fonds patrimonial ; cela serait presque insolite et inédit dans l'onomastique locale. Troisième interrogation ce fon, dérive mal orthographiée de fontis, serait-il à rapprocher d'une fontaine ? Ce n'est ni évident ni exclu. Le départ d'un des plus hauts du ruisseau du Queyrand qui, en aval, devient le Neufond n'est qu'à 250 mètres ; mais on ne voit sourdre cette eau collinaire que dans des circonstances très exceptionnelles de très fortes saturations des sols. Il demeure cependant permis de penser que cela n'a pas toujours été le cas, notamment au XVIIème siècle. On note, au passage, que Cassini ne pointe pas le Fon du loup sur sa carte. S'il reste encore des bosquets dans le triangle Lespinasse, Le Queyrand, Les Maroux les parcelles boisées de Carves ont bien reculé... et les sources avec.

 

Deuxième problématique le loup. Il n'y a pas de doute à avoir les loups, dans nos collines et vallons, ont existé et il n'y a pas si longtemps.

La page web http://membres.multimania.fr/euroloup/loupschabrieres1.htm donne 1940 pour le dernier loup du Périgord.

 

Le loup, animal "fascinant" et redoutable, qui a toujours inquiété les enfants, est-il la base de ce toponyme ? Ce n'est absolument pas certain ! Le fon du loup se trouve dans un espace boisé. Le loup, animal de meute, n'évolue pas individuellement. On aurait logiquement du dire "Le fon des loups" mais, tout aussi bien, on aurait pu employer le singulier dans le sens de la généralité. Enfin pour terminer le loup pourrait bien être, dans ce relief forestier, une toute petite dérive de "luc", provenant du gallo-romain "Lucus" qui signifie bois sacré. La sonorité, en occitan, s'avère très proche ; le c final étant occulté dans la diction.

Une chose est certaine  au Fon du loup : "I a quicòm que truca ! ".  Si du et loup sont des mots parfaitement français le fon ne l'est pas. Il y a donc, quelque part, un mixage linguistique de la même essence que "je suis été", pour "je suis allé" ou "j'ai été", que l'on entend encore, parfois.

 

D'aucuns pourront affirmer. La genèse historique de ce micro toponyme reste, pour l'heure, discutable. Sommes nous autour d'un oronyme, toponyme de relief, ou d'un hydronyme, toponyme relatif à l'eau personne  ne dispose de la clé de l'énigme !

 

 

 Pierre Fabre.

 

 


 

 

 

La « Bête » de Sarlat.

  
Périgord Noir, Dordogne.


La Bête de Sarlat, terrorisa le Périgord au XVIIIème siècle. Sa première apparition remonte à mars 1766, elle commit alors une dizaine de meurtres dans les localités avoisinantes. On imagine la terreur qu'elle provoqua. C'est à partir de cette époque que naquit son mythe d'énorme bête assoiffée de sang humain. Mais, au mois d'Août 1766, elle finit par être reconnue comme un loup porteur de la rage. Le peuple ne suivit guère cette explication.

Il faut dire qu'entre temps, elle avait encore occis au moins 18 personnes.

 

 

On l'apercevait en tous lieux, même dans les venelles sombres de Sarlat et, l'exaspération et la peur étant à leur comble, la légende de la Bête s'enfla à tel point que les braves gens du pays n'osaient plus sortir à l'approche de la nuit tombante. Dès lors, paysans et seigneurs se regroupèrent à plus d'une centaine de fusils et se mirent en battue. La bête fut trouvée, poursuivie et tirée. Cette mort constatée par tant d'yeux réjouis sembla débarrasser définitivement les gens de l'endroit de leurs craintes justifiées. Nous savons bien que le loup et l'homme enragés, paraissent pris de folie ; écumant, bavant et mordant ils sont terrifiants à voir et dangereux à approcher. Il n'empêche que le souffle de la légende, point ne disparut et qu'à Sarlat et dans sa région, on parle encore de la Bête comme d'un garou.

 

 

 Le loup européen; photo www.forumactif.com

 

Il est archi-prouvé que c'est en 1940, très exactement le 6 décembre à 17 h 30, qu'aux abords de la localité de Javerlhac, en Dordogne, fut abattu le dernier loup "français" par un chasseur local. Ce loup, pourtant bel et bien répertorié par l'Administration de Vichy, reste encore de nos jours, pratiquement inconnu. Personnellement j'ai vu sa peau empaillée, mais rien ne m'assure qu'il était vraiment l'ultime...Ainsi en 1954, selon des témoignages recueillis par "Terre Sauvage" le dernier loup "made in France" est tué en Isère. Ce qui invalide la mort du dernier loup du Limousin, tué lui, en 1949 et non pas en 1937.

     

 

  



12/01/2012
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