Fongauffier-sur-Nauze

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Flora Tristan : Femme passionnante et passionnée.

Il se dit souvent, avec justesse, que l'on meurt deux fois ; le jour de son décès et, plus tard, quand plus personne ne songe à parler de celles et de ceux qui disparaissent des mémoires. C'est un chantier considérable que de vouloir éviter le naufrage dans l'oubli de celles et ceux qui, par leur lumière, leur créativité, leur idéologie et leur résistance ont apporté bien des avancées à notre culture.

 

C'est à ce devoir de mémoire que s'attelle "Entrée des artistes" et ses conférenciers dont Guy Gozard qui, à plusieurs reprises, s'est attardé dans notre Val de Nauze.

 

Pierre Fabre. 

 

 

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Guy Gozard illustra son exposé de comparaisons avec George Sand et d’autres femmes célèbres, apportant également des anecdotes qui tiendront l’auditoire en haleine.

 

 Le public, subjugué par l’émotion, autour de l’évocation de Flora Tristan, délivra d’amples félicitations au conférencier.

 

L’association "Entrée des Artistes" ne manquera pas de solliciter, une nouvelle fois, cet intervenant, appréciant de surcroît la qualité d’accueil et la douceur du Périgord Noir.

 

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Flora Tristan :

Femme passionnante et passionnée.

 

Au cours son troisième séjour à Belvès, le conférencier Guy Gozard a su fidéliser une partie de son auditoire, certes à majorité féminine, dont certains se déplacèrent de Périgueux.

 

Dans le cadre du "Manoir de la Moissie", bâtisse de la fin du XVIème siècle, l’intervenant  aborda tous les aspects de la vie de Flora Tristan.

 

Cette dernière, née en 1803, issue de l’union d’un noble péruvien, et d’une petite bourgeoise parisienne, brilla par sa beauté, et son sens de l’engagement.

Toutefois, l’union de ses parents par un prêtre réfractaire, jamais validée, affectera toute sa vie. En effet, perdant son père à l’âge de 4 ans ½, elle sera alors considérée comme une bâtarde.

 

Mariée à 17 ans, mère de trois enfants, elle vécut tragiquement la disparition de ses deux garçons, tandis que sa fille donnera ultérieurement la vie au peintre Paul Gauguin. Dès lors, la vie de couple se révélera difficile avec son mari, graveur de profession, avec lequel elle travaille. Son mari, jaloux et violent, l’humiliera et la séquestrera. En 1825, elle échappera à ce sort, et diffusera l’idée du divorce, à 22 ans.

 

Voulant retrouver ses origines paternelles, elle embarquera pour l’Amérique du Sud et découvrira, lors de son premier voyage, l’esclavage pratiqué aux îles du Cap Vert. Témoin de la même exploitation de l’homme noir, dans son pays de destination, elle s’opposera fermement à ces pratiques.

 

Rejetée par sa famille paternelle, dont elle obtiendra quelques subsides, écartée de la succession, elle écrira, en 1838, les "pérégrinations d’une paria", titre de l’un de ses ouvrages.

Elle entreprendra, en 1843, un tour de France, rencontrant les Canuts, à Lyon, les laveuses à Nîmes, … et imprégnée de pensées mystiques, elle prônera l’Union Ouvrière, après avoir mis en œuvre ses talents d’enquêtrice sociale.

 

Occultée par les penseurs humanistes masculins de son époque, elle échouera dans sa démarche pré-marxiste. Une des premières à défendre la classe ouvrière, elle apparaîtra, aussi, comme l’une des premières féministes. Un monument érigé par souscription publique, à l’initiative des ouvriers, rend hommage à ce personnage atypique, et à la mémoire de la classe ouvrière, au cimetière des Chartreux à Bordeaux.

 

 



10/06/2016
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