Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Gérard Rebeyrol a passionné son auditoire.

 

 

 

PAYS de BELVÈS

 

 

Prendre le relais, dans la foulée, de l'exposé de l'heure d'Émilie Didier n'est pas particulièrement aisé tant la qualité de la conférencière fut excellente et la thématique différente.

 

Gérard Rebeyrol n'a rien de ces hauts fonctionnaires issus de grandes écoles. Il était un opérateur de terrain. Cet ancien élève exploitation de la S.N.C.F, puis agent du transport affecté à la gare du Buisson, opta pour une carrière dans les chantiers de l'équipement ferroviaire où il s'éclata dans la surveillance de ces travaux. Il connaît, mètre par mètre, les profils des lignes où il a pensé puis évalué les travaux des ouvrages qu'il a soignés avec passion. Cette passion, qu'à aucun moment il n'a abandonnée, il a voulu, l'espace d'un après-midi, nous la faire partager.  

 

Animer une causerie, lors d'un après-midi d'octobre chaleureusement ensoleillé, paraît être une tentative hasardeuse et pourtant celle-ci, a priori, fut largement appréciée.

 

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Gérard Rebeyrol, un passionné du monde ferroviaire, comme il y en a bien peu, est bien un habitué des conférences sur ce thème ; mais, pour la première fois, il en fut l'animateur. Force fut de reconnaître qu'il ne fut pas brillant mais brillantissime. Parler d'un passé tout à la fois lointain, puisque pour l'essentiel, il disserta de l'époque de la construction de la ligne qui mit en relation le pivot de la Seine au cours supérieur de l'Adour, mais qui, à l'échelle du temps, paraît être l'espace d'un court moment dans la marche de l'humanité, n'est pas une mince affaire.

L'exposé de Gérard se focalisa donc, surtout, sur cette période qui se situe en aval de l'Étoile Legrand, actée le 11 juin 1842, et en amont du plan Freycinet, loi du 17 juillet 1879, où les bâtisseurs de la ligne ont œuvré pour implanter celle qui s'invite dans le sillon de la Nauze.

Gérard se lança dans une kyrielle de détails. Les pentes, les dénivelés, la problématique de monter l'eau de la Nauze au château d'eau de la gare par la machine fixe, ces deux ouvrages n'ont pas survécu à la dernière guerre, l'exploit d'ériger un viaduc en courbe de plus de 300 mètres à Larzac, la difficulté d'atteindre pour les ouvrages, un sol dur, pour éviter tout effondrement et, in fine, la prouesse de génie civil de la percée du souterrain de Latrape ont été évoqués par le conférencier.

Gérard confia de tout petits détails. Ils ont toute leur pertinence pour la vie à long terme d'une ligne qui, 153 ans après son inauguration, ne manque pas de rappeler la technicité de la génération à laquelle nous la devons.

Les  gares de Belvès et Siorac, bien entendu, ne furent pas oubliées, avec les particularités de la "niche Déjean" qui a nécessité l'implant de quatre plaques tournantes pour l'atteindre.

Gérard fut prolixe, certainement ; mais, toujours, il employa un langage simple balayant les terminologies  qui relèvent du vocabulaire exclusivement technique et professionnel. Il décrypta bien des points qui échappent aux néophytes.

Cette causerie fut, peut-être, un peu longue mais, à la fin, ses auditeurs en auraient presque redemandé. Il était un peu dommage de ne faire que survoler cette merveilleuse exposition où l'on trouvait des agrès d'un autre temps, des documents d'une précision extraordinaire, rappelant que le chemin de fer d'aujourd'hui, s'il est moderne et performant, est l'héritier de générations méticuleuses et ô combien méritoires.

Il faut absolument souligner que cette causerie fut étayée de la saisissante exposition photographique de Bruno Marty. Bruno va être découvert, ou redécouvert, avec sa "Virée romantique" autour des ponts et viaducs de la Vallée de la Dordogne, exposition accessible Porte de la Vézère au Bugue, du 20 au 30 octobre.

Cette année, l'exposition pour les journées du patrimoine n'a pu être finalisée. Rendez-vous est pris, pour l'an prochain, pour celles et ceux qui n'ont pas su ou pu venir samedi.  

 

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Photo © Bruno Marty.

 

 

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Gérard Rebeyrol, Bruno Marty et votre serviteur remercient chaleureusement les Musées de Belvès, avec un remerciement appuyé pour le président Christian Roussel,  Jacques Grimbert et Noêlle Choublier qui, par sa patience et sa technicité, a sauvé la logistique de cette animation, pour cet après-midi patrimonial de rattrapage.

Hôtes imprévus de cet après-midi du 15 octobre, nous avons reçu dans cette salle des musées, un accueil qui nous a fait chaud au coeur. 

 

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Photo © Bruno Marty.

 



17/10/2016
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