Fongauffier-sur-Nauze

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L'émouvante lettre d'Andrée Teilhaud.

SAGELAT

 

 

Andrée Carrier-Teilhaud.

Andrée Teilhaud, institutrice honoraire, a passé pratiquement tout le temps de sa carrière à l'école de Sagelat. Ancienne brillantissime normalienne de La Rochelle elle a commencé sa "mission" éducative dans les reliefs foyens puis larzacois. Le 1er octobre 1956, un peu après son mariage, avec Jacques-Louis Teilhaud, c'est à Sagelat, qu'elle prit ses fonctions pour ne plus quitter, jusqu'à sa retraite, en 1990, cette modeste école rurale.

 

Ses anciens élèves garderont, à jamais, le souvenir d'une fine pédagogue qui, à une époque où une sévérité bien trop souvent excessive "muselait" les écoliers, a su prodiguer un enseignement doucereux qui donna à l'école toute sa noblesse et, par ailleurs, ne laissait aucun élève "sur le bord de la route". Andrée pensait, probablement, voire certainement, que la pression psychologique et la coercition s'avèrent être de bien piètres outils formateurs. 

 

Andrée, bien au-delà de ses prérogatives, a impulsé une vie associative et culturelle dans ce petit "Val de Nauze" qu'elle affectionne particulièrement et, plus de cinquante après, qu'il soit permis de dire que ce n'était pas joué d'avance ! Il fallait, dans le contexte de la Vème République fraîchement installée, peu favorable à la laïcité "vive", alors que le pays approchait, dans l'affliction, sa scission avec l'Algérie, devait faire face aux préjugés, aux a priori, aux "résistances" à l'indifférence et, tout cela... avec pratiquement aucun moyen.

Si aujourd'hui la vie culturelle et associative, y compris dans les plus petits villages, heureusement, a pris un envol, en 1960, quelques décennies après l'éradication de l'analphabétisme, portée par l'école laïque, gratuite et obligatoire, nos aînés pensaient plus au nécessaire qu'au superflu et "Avián quicòm mai a far", ils avaient autre chose à fairequ'à penser au culturel. Ce thème, manifestement, était "infructueux".

 

Andrée fut donc, à Sagelat, l'éveilleuse d'un dynamisme, une pionnière de l'animation qualitative d'une entité, non en léthargie, mais plutôt calée dans l'immensité d'une lande qui ne demande qu'à fleurir.  

 

Pierre Fabre.


 

Lettre d'Andrée Teilhaud, lue par Antoine Braud, le 26 novembre 2011, lors de la manifestation du Cinquantenaire de la Troupe de Sagelat.

 


 

 

Saint Chamassy le 23/11/2011.

 

 

Cher Antoine, chers Amis,

 

 

Comme cela me fait plaisir que le groupe théâtre de Sagelat continue sa route et que vous en fêtiez le cinquantenaire !

 

 

En 1960, si j'ai répondu avec joie à la demande de quelques jeunes de Sagelat (bientôt suivis par d'autres), c'est surtout vous le savez, Jacques, mon mari, qui a permis à la petite troupe de grandir et de s'affirmer. Il avait l'amour du théâtre et des acteurs et il trouvait là un contrepoids à la responsabilité de "sa" filature.

Mais comment oublier toutes les personnes qui se sont dévouées lors du démarrage, en particulier, dans les trois lieux où les pièces ont été présentées à Sagelat.

"Mise en état de la salle", montage de la scène, accueil chaleureux de familles amies pour un réveillon après spectacle.

Et puis toujours, par la suite…  souffler, rechercher les accessoires, faire les costumes, créer les décors, trouver la musique, coller les affiches… et assurer les entrées.

J'aime me souvenir de tous ceux qui ont rendu, tout simplement, ces services avec leurs moyens comme les responsables "à la lumière et au son". Entourant l'équipe des acteurs ils ont tous contribué avec… modestie, à l'existence du spectacle proprement dit.

 

Par ailleurs il faut savoir que c'est l'Amicale laïque de Sagelat et la municipalité de l'époque qui ont permis la réalisation de cette aventure.

Secrétaire de l'association, je garde le souvenir des présidents, trésoriers et membres actifs qui ont soutenu cette activité culturelle, dans le milieu rural. Et particulièrement le président fondateur qui a offert le terrain pour la construction du foyer. Sachez bien que, sans le théâtre il n'aurait pas existé à ce moment là. C'est bien parce que le choix des pièces et le dynamisme de la troupe étaient reconnus que la Fédération des Œuvres laïques de Périgueux, s'est intéressée à nous, permettant d'obtenir, après bien des efforts, de la Jeunesse et des Sports, les moyens financiers de construire cette salle.

Une scène adaptée, de bonnes dimensions, a été un bon atout. (Lors des déplacements les  mêmes conditions étaient rares et il fallait, s'adapter aux lieux, avec ingéniosité.)

 

Les circonstances actuelles ne me permettent pas d'être présente samedi.

Et, je pense que l'émotion serait trop forte…

 

Cette inoubliable aventure est une des plus belles choses de ma vie, partagée avec Jacques.

 

Je vous remercie tous.

Passez un bon moment et bonne route !

 

Je penserai à vous.

 

 

Et à tous ceux, si chers, qui nous ont vraiment quittés.

 

Bien à vous.

 

Andrée.

 


 

 

 

Non le regretté Jacques-Louis et Antoine ne sont pas dans un nuage mais le "brouillard" qui les entoure n'est qu'artificiel. Image Pierre Castet.

 


  

 

 Newsletters en attente.

 

L'ordre séquentiel est, en fonction de l'actualité, évolutif.

 

Un bloc de grès hématique pour le mégalithe de la Résistance.

Un modeste maître de forge.

Et si l'on recréait les veillées !

Une "Nauzéenne" polyglotte à 14 ans.

Le Colombier un hameau bien antérieur à la Révolution.

Le conciliateur, un personnage mal connu.

Le feuilleton persistant de la réouverture de la voie ferrée de Villeneuve.

La carte communale monplaisanaise avance.

 

 

 





02/12/2011
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