Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

La balade ferroviaire suivie par Bruno Marty.

Cliquez sur les images.

 

 

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Sous la marquise de Monsempron. Photo © Bruno Marty.

 

 

 

Cette balade avait pour point de départ la gare de Belvès. Cette gare a fait, en son temps, l’objet de moult discussions pour son implantation avec une réflexion des plus folles. D’aucuns l’auraient voulue au cœur de la localité, ce qui aurait posé des problèmes de rampe très sévère. Belvès s'inscrit entre deux viaducs, celui dit de Fongauffier, 120 mètres de long, et celui de Lagrange, 192 mètres.

 

La ligne de chemin de fer passant par Belvès a été inaugurée le 3 août 1863. On rêvait, alors, de rejoindre l’Espagne mais la traversée des Pyrénées fut un obstacle majeur et le point le plus au sud, par la voie normale, a été Bagnères-de-Bigorre.

 

Après la dernière guerre, la section d’Auch à Vic- en- Bigorre fut déferrée et le bel ouvrage, de style Eiffel, le viaduc de Laas, fut démonté. En 1970 la section Agen-Auch fut fermée au trafic voyageurs. 

 

L’ouvrage le plus délicat à réaliser a été le Souterrain de Latrape , localement appelé Tunnel du Got.

 

Ce tunnel, de 1759 mètres, a pris le nom de Souterrain de Latrape eu égard au micro-village qui coiffe la ligne de partage des eaux de la Nauze et du bassin de la Lémance. Il a été le plus long de l’ancien P.O si l’on exclut l’ouvrage urbain souterrain de Paris-Austerlitz au Quai d’Orsay.

 

Sa construction, hélas émaillée d’un accident mortel pour quatre mineurs,  dura du 1er février 1857 au 31 octobre 1862.

 

L’autre bijou patrimonial est le viaduc en courbe de Larzac. Cette finesse du génie civil se retrouve très rarement. Elle permet de passer d’une colline à l’autre en limitant la difficulté de tranchées profondes.

 

Divers ouvrages jalonnent ce parcours. Les villages de Larzac, St Cernin, Sauveterre, St Front et Cuzorn s'invitent dans son itinéraire.

   

Au départ de Belvès,  on peut observer une galerie qui s’inscrit sur le flanc collinaire ouest. C’est la niche qui a été percée pour garer la voiture particulière d’André Déjean de Fonroque, il fut maire de Belvès de 1904 à 1942. Dans le jargon ferroviaire, on désigne les véhicules transportant les voyageurs, sous la terminologie de voitures par opposition aux wagons qui, eux, sont réservés au fret, avec une exception, aujourd’hui obsolète du parc des wagons-lits. Après La Grange et Pech Gaudou et le merveilleux viaduc en courbe de Larzac, Las Tuques, son arche la plus haute s’élève à 24 mètres de hauteur, termine cette succession des viaducs.

 

Au niveau des sites rencontrés, on aperçoit, fugitivement, le manoir wisigoth de Pech Gaudou. Il a accueilli, dans des conditions "mouvementées", Henri de Navarre, en 1589, le futur Henri IV, lorsqu'il filait chercher sa couronne., 

 

A Villefranche, on peut voir l’ancienne gare de l’éphémère chemin de fer départemental.

 

La ligne qui épouse, à partir de là, la vallée de la Lémance, unit les terres occitanes où l’alternat de souveraineté entre la France, Villefranche était une bastide française, et l’Angleterre, porte les stigmates dans les traces de ses places fortes.

 

Après avoir passé les villages de Sauveterre et de St Front on atteint Cuzorn ; véritable nid d’aigle qui domine la Lémance  dont le Dr Michel Carcenac parle dans son œuvre romanesque.

 

Notons que la ligne s’inscrit dans les creusets de la Nauze, de la Ménaurie puis de la Lémance ce qui, bien évidemment, avait pour but d’éviter, au maximum, les déclivités.

 

Monsempron-Libos, à 38 Km de Belvès, cité ouvrière de l’Agenais, comptabilise un riche passé historique.

 

La ligne chevauche successivement, la Grille, à Belvès, le Rivatel, à Larzac, la Nauze, à la Fontaine de Salles, la Ménaurie, à plusieurs reprises, atteint la Lémance au rondpoint de la gare de Villefranche, et la traverse plusieurs fois. Le ruisseau des Griffoullières, dernier cours d’eau dordognais, est franchi tout près du château de Sermet, le ru de Péchabot,  le ruisseau de la Pouletie, sur la rive gauche et celui du Vignal et l’Estancou, sur la rive droite, sont les derniers traversés par cette section de ligne.

 

Cette section de ligne, de 38 Km, passe sur les communes de Belvès, Larzac, Salles-de-Belvès, Mazeyrolles, St Cernin-de-l’Herm, Loubéjac, Lavaur, Sauveterre-la-Lémance, Fumel [appendice de l’ancienne commune de Bonaguil], St Front-sur-Lémance, Cuzorn, Fumel et Monsempron-Libos.

 

Avec l'assistance de mon ami Jean Rigouste quelques précisions sur les toponymes.

Larzac, nom de fondation gallo-romaine ''le domaine de Lartius, ou Laritus''.

Salles, de l'occitan sala(s) ''fermes'' fortifiées'', mot d'origine germanique.

Le Got  qui, logiquement, signifie le gué ne peut s'appliquer à ce lieudit. Il viendrait d'un nom de personne; propriétaire du lieu, les Déga(s) , Dauga, Duga... Ne pas y voir un Goth.

La Lémance; ancienne almantia, racine probable AL (pré-indo-européenne, présente dans de nombreux noms de rivières) suffixe antia, fréquent dans les noms de cours d'eau.

Villefranche. les villefranches étaient des localités, souvent des bastides, bénéficiant de franchises et privilèges fiscaux.  Places conçues pour promouvoir un essor  par l'échange commercial.

Lavaur, de l'occitan vallée encaissée, lui même issu du gaulois vobero ravin.

Briolance; du gaulois briga hauteur, elle vient des hauteurs d'Aigueparse.

Sauveterre. Vient des sauvetats, lieu de refuge [on ne pouvait y poursuivre les fugitifs] autour d'une église balisée par plusieurs bornes. 

Monsempron (Mons-Sempronius) ancien bourg monastique fortifié. Il parait aléatoire de rapprocher Monsempron de la gente romaine Sempriona.

 

 

 

 

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Le pôle ferroviaire de Monsempron a perdu, depuis 1970, beaucoup de son importance. Monsempron, pendant un siècle, était la gare de bifurcation qui soudait l'Agenais, le Quercy et le Périgord. De lourds convois parvenaient alors à ce bassin industriel du Fumélois. C'est aujourd'hui, pour cette cité ouvrière, une "peau de chagrin".

Cette gare du Fumélois était, pour les jeunes élèves exploitation de la S.N.C.F, un site, plutôt riche et compliqué de technicité. Beaucoup d'entre eux en gardent le souvenir. Notre ami Jean-Louis Xuereb, manager des lignes Bordeaux-Agen et Périgueux-Agen  a voulu souligner, lors de cette manifestation, que Monsempron est, à l'heure de la cybernétique et de la généralisation de l'informatique, restée au niveau des installations purement mécaniques. Photo © Bruno Marty.

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Cette balade a retenu toute l'attention d'une mamy qui, probablement, revivait, lors de cette promenade, de lointains souvenirs. Photo © Bruno Marty.

 

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Les responsables du Téléthon déploient, avec les élus, la banderole. Photo © Bruno Marty.

 

 

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Jean-Jacques Brouillet, maire de Monsempron, est un ardent défenseur du chemin de fer.  Il n'hésite pas à se rendre au Buisson pour soutenir la cause du rail lors des comités de ligne. Photo © Bruno Marty.

 

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Jean-Jacques a tenu à accueillir les Belvésois lors de l'escale d'une demi-heure à Monsempron. Sa commune avait même offert un pot de l'amitié où le pruneau était l'ingrédient naturel qui rappelle que la Vallée du Lot, en Agenais, est le terroir de la prune d'ente. Photo © Bruno Marty.

 

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On se prépare à quitter la confluence de la Lémance et du Lot pour rejoindre notre Val de Nauze. Photo © Bruno Marty.

 

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Jean-Gérard Rebeyrolle, le discret, mais  ô combien précieux, appui de cette échappée ferroviaire, a rejoint la cabine de conduite pour nous donner, au niveau du souterrain de Latrape,  des précisions sur cet ouvrage. Le temps fut bien trop court mais, c'est promis, nous inviterons Gérard pour une veillée, pour nous parler de ses souvenirs. Mesdames, Messieurs les maires, la première invitation sera celle qui sera retenue. Il faut préciser que ce retraité de l'équipement est un puits de technicité. Il fut d'abord un brillant jeune élève "transport" d'une promotion des années 60 puis, passionné par le génie civil de l'entreprise, il opta pour les "Voies et bâtiments" c'est dire qu'il assemble bien des anecdotes parfois truculentes.  Photo © Bruno Marty.

 

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En ultime point d'orgue de ce parcours, Bruno a tenu à saluer le viaduc en courbe de Larzac qu'il a su, dans un précédent blog, immortaliser. Photo © Bruno Marty.

 

 

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J-Marc Xuereb et Jean-Gérard Rebeyrol ont été les plus solides appuis professionnels de cette opération.

 

Cette modeste promenade a été réalisée pour soutenir les actions locales du Téléthon. Elle a rapporté 380 € à la cause. Il convient de remercier chaleureusement Claudine Le Barbier, Brigitte Pistolozzi et Christian Léothier, qui était représenté par Nathalie Garrigue, les services municipaux de Belvès ainsi que  Jean-Jacques Brouillet, maire de Monsempron, pour leur adhésion à cette initiative, le Conseil régional d’Aquitaine et son chargé de mission transport, Christophe Guerrinha,  Jean-Gérard Rebeyrol, retraité de l’Équipement et  Jean-Marc Xuereb, manager des lignes de la S.N.C.F pour la faisabilité de l’opération.

 

 

 

 

 

 



09/12/2015
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