Fongauffier-sur-Nauze

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Le 8 novembre nous aurons une pensée pour lui.

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 Gilbert Batut. Photo J.S.L.

 

 

En faisant la prospection du listage des septuagénaires, pour le 8 novembre, j'ai appris que notre ami et condisciple Gilbert Batut s'était subrepticement échappé le 18 avril dernier.

 

C'est donc, hélas, avec 5 mois de retard que j'ai connu le décès de Gilbert.

 

Nous avons franchi ensemble les portes du collège de Belvès le 1er octobre 1956. Depuis notre icosikaitetragone, polygone de 24 côtés, est hélas devenu un icosagone car, avant Gilbert, Jean-François Mousnier, en février 2004, Jean-Claude Conty  ensuite, puis Daniel Maury nous ont prématurément quittés.

Quand Gilbert arriva à Belvès il venait juste de perdre son père et son chagrin était profond et manifeste.

Après ses études secondaires Gilbert bouclait son parcours universitaire à Paris quand la France, laborieuse et estudiantine, s'enflammait. Gilbert se plaisait, rétrospectivement, à commenter cette épopée de barricades avec ses amis du Journal de la Saône & Loire, quotidien où sa plume a accompagné, avec passion, les heures sportives du FC Gueugnon. Son journal attristé, quand la mort vint le cueillir, dira "Il ne mènera plus ces discussions enflammées, dans un coin de la salle de bar de l’Hôtel du Centre à Gueugnon. Ce matin, à l’heure du café, sa place est restée désespérément vide. "

Gilbert fut un homme de conviction, je me souviens parfaitement de sa fougue soixante-huitarde, alors que nous nous sommes rencontrés, pour la dernière fois, évoluant vers Paris.

Noémie Prédan, dans J.S.L, le situait parfaitement. "Journaliste en activité à Gueugnon de 1970 à 2004, Gilbert était resté un personnage respecté, celui dont l’avis sur les faits d’actualité ne pouvait laisser indifférent. À sa table, il savait réunir des gens de tous milieux, de toutes origines, de toutes opinions politiques. Il ne cachait pas les siennes : « je redeviens révolutionnaire ! » clamait-il à l’envi, avec l’accent caractéristique de son Périgord natal."

Après ses études Gilbert fit un premier pas à la S.N.C.F en région parisienne mais il n'avait pas vraiment la fibre ferrovipathe et très tôt il démissionna. Son oncle, mon ami Yves Bosredon, hélas parti depuis 4 ans, alors chef de gare de Bergerac, parlant lui me disait "Gilbert, aux chemins de fer, était un "amateur"; sa vie était ailleurs". Sa passion était le sport et sa vie fut un accompagnement assidu du FC Gueugnon.

Il a écrit dans la presse charolaise mais aussi dans l'Équipe et ses articles, parfois pris sans la moindre prise de notes, traduisaient l'intense émotion d'un passionné.

 

Gilbert m'avait dit la joie qu'il se faisait à l'idée d'une journée de retrouvailles, en octobre 2006, à l'occasion du cinquantenaire de notre entrée à l'école secondaire. Cette journée a complètement foiré et je ne voudrais pas revenir sur ce revers.

 

Sa famille, notamment Valérie, sa fille, m'a fait part de sa déception, d'alors, de n'avoir pu revoir tous les condisciples qu'il n'a jamais oubliés. Il serait certainement venu le 8 novembre mais une adversaire redoutable l'a privé de cette joie.

 

Gilbert avait naturellement et  indéfectiblement gardé son attachement au Moulin du Greffier, demeure mazeyrolaise de son enfance. Ce sera toujours avec une pensée pour lui que, désormais, en suivant le sillon de la Ménaurie, je jetterai un œil vers ce moulin familial.

 

Pierre Fabre.



12/09/2015
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