Fongauffier-sur-Nauze

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Le vent en Val de Nauze... et ailleurs !

 

Aujourd'hui nous sommes le Primidi de Ventôse de l'année 220, du premier calendrier  révolutionnaire français. Nous serions, dans le calendrier révolutionnaire modifié, le Duodi et fêterions les cornouiller, arbre fort rustique et mellifère dont l'inflorescence, voir l'image ci-contre, intervient en février.

Philippe Nazaire Fabre, dit d'Églantine, qui a donné au calendrier républicain une poésie bucolique faisait, probablement sans le savoir, de l'écologie.

Le thème de ce jour sera donc, naturellement, le vent. 

 

 

 

"Le manche à air" est appelé, parfois, dans le langage populaire la "chaussette".

 

Une force indispensable. Le vent, phénomène météorologique, apparaît diversement apprécié.

Glacial il est générateur de gelées et de chutes de températures, chaud et sec il déshydrate la croûte terrestre.

Le vent perturbe les cyclistes. Bien rarement ils estiment le trouver en appui mais, forcément à tort, ils négligent les pousses qu'il peut donner. Le vent trouble les rencontres sportives et fausse les trajectoires de balles !

 

Pour les touristes il est de bon ton de croire que c'est dans ce moulin de Fontvieille que Daudet a écrit "Les lettres de mon moulin".

Le vent, force motrice des antiques moulins et de nos modernes éoliennes, interpelle. En littérature, "Il n'y a pas de vent favorable pour le bateau qui ne connaît pas son port", Sénèque. Il inspire Beaudelaire dans sa poésie "Le voyage". Plus récemment le cinéaste américain, Victor Fleming, en 1939 adapta à l'écran le roman éponyme de Margaret Mitchell "Gone with the Wind" soit Autant en emporte le vent.

Ce grand fautif de désordres, pourtant, est absolument indispensable à la vie sur la planète. On ne peut imaginer de vie sans pluies et, pour qu'il pleuve, il faut du vent.  Que serait l'Asie sans moussons ?

 

Si l'on demande, à brûle pourpoint, de citer quelques noms de vents on se rend compte que le listage, qui nous vient à l'esprit, se boucle bien vite.

 

On utilise souvent, par méconnaissance, des terminologies générales, vent du Nord, d'Ouest, du Sud, pour désigner les vents ; pourtant ils comportent bien des nuances, voire de différences. Pour les plus puissants, qui épargnent nos contrées, un cyclone, un ouragan et un typhon, substantifs synonymes, ont cependant, pour les météorologues, des nuances d'appréciation pour la puissance et l'effet dévastateur.

 

Le vent en onomastique. Le vent a servi à la formation de toponymes, Trou du Vent à Bouzic, Buffevent à Carvès et à Besse, Les Quatre Vents, un peu partout, St Denis-de-Pile, Noirmoutier, Alpes…

 

Le cinéma, à moult reprise, a emprunté le vent comme support de nom de film. Cyclone, catégorie 6 : Le choc des tempêtes (Category 6: Day of Destruction) est un film de télévision américain, réalisé en 2004 par Dick Lowry.

Il y a bien longtemps Yves Ciampi, en 1957,  fit un tabac avec Typhon sur Nagasaki, un film franco japonais où Jean Marais [Pierre Marsac] oscille sous le charme de Danielle Darrieux [Françoise Fabre] et de Keiko Kishi, [Noriko].

 

La métaphore s'empare d'un vent pour donner le nom d'un des plus prestigieux trains de la planète.  Le Mistral était un train rapide devenu Trans-Europ-Express de la S.N.C.F assurant la liaison Paris-Nice de 1950 jusqu'à la mise en service du T.G.V sud-est en 1982. Dans la numérotation des trains de la SNCF, il portait le numéro 1 dans le sens Paris-Nice et le numéro 2 dans le sens Nice-Paris.

 

 

Le Mistral a relié les bords de Seine à la Riviera pendant 32 ans. Il a connu la traction vapeur, la traction thermique et l'arrivée de l'électrification mais fut chassé par le T.G.V. Il n'a jamais franchi de frontières mais il pouvait rivaliser, en prestige, avec l'Orient Express. Notons qu'un directeur commercial de la S.N.C.F, dans les années 70, portait le patronyme de Mistral... et il n'en était pas peu fier.

On note que le Mistral, en 1950, n'allait, en traction électrique, que jusqu'à Chalon-sur-Saone. En 1952 la caténaire gagne Lyon et en 1962 atteint Marseille. Il faudra attendre 1967 pour que le Mistral file, de bout en bout, guidée par la fée électricité. Sa vitesse de pointe de 160 Km/h, qui séduisait à l'époque, notamment les étrangers, n'était qu'à la moitié de celle de nos dernières générations de T.G.V ; Est et Rhin-Rhône. 

 

Les vents ont un nom. Certes tout le monde connaît les grands vents que sont sur notre Terre, le Siroco, les Moussons, les Alizés et, dans notre Hexagone, spontanément, ce sont le Mistral, la Tramontane, le Blizzard*, la Bise, la Brise, le Zéphir et le Vent d'Autan qui surgissent ; soit de nos souvenirs scolaires soit de notre observation locale. Bien des noms de nombreux vents, dont les souffles diffèrent, ont été oubliés ou demeurent le jargon des érudits ou des spécialistes de la météorologie.

 

Selon la région, où ils soufflent, les vents ne portent pas les mêmes noms.

 

Dans le Val de Nauze on ne s'est jamais compliqué l'esprit avec le nom des vents locaux. C'est surtout l'origine qui est le déterminant. Le vent du Nord, c'est l'Aquilon, généralement froid et sec et froid, est certainement le plus détesté. Le vent de l'Ouest ou de la mer, le Ponent, il amène la pluie ; elle est proche, voire éminente. Ce vent, diversement apprécié selon l'état des cultures, constitue notre vent dominant. Le vent du Sud, vent d'Autan, amène l'eau, sous 48 à 72 heures. Le vent d'Est, le Levant,  est sec et froid, en hiver, et chaud, en été.

 

Certains vents ont des surnoms, ainsi le vent d'Autan (vent de Sud-Est), chez nos voisins du Quercy est surnommé par les anciens "le vent qui rend fou" ou "vent des fous". Parfois on distingue l'Autan blanc qui apporte uniquement la douceur et l'Autan noir qui apporte souvent avec lui des nuages et souffle avant l'arrivée d'une perturbation. Il arrive même qu'un vent porte un nom particulier dans une seule commune: les habitants de Saint-Céré parlent du Martelet qui serait un vent du Nord-Ouest. Son nom viendrait du village de Martel située au Nord-Ouest de Saint-Céré.

La Galerne souffle depuis les plages du Pays Basque. Son front de rafales d'Ouest amène les entrées maritimes.

Le Cers est un vent venant du nord-ouest de Narbonne, parfois très violent, soufflant dans le Languedoc près de la côte. Il est toujours sec, mais est froid en hiver et parfois très chaud en été.

Dans les terres de l'ouest, à partir des îles charentaises, le cers devient la Galerne.

Les Romains découvrant le site de ce qui deviendra Narbonne parlaient d'une ville vénéneuse quand les vents de mer soufflaient et favorisaient le paludisme et d'une ville venteuse quand le Cers soufflait et assainissait l'air. Ils auraient fait du Cers un dieu "Cersius".  Source non vérifiée. Cers, par ailleurs, est une cité proche de Béziers.

La Traverse, vent d'Ouest relie La Rochelle au Massif Central. Elle caresse, parfois, mais c'est assez rare, notre région, elle va jusqu'à atteindre la Bresse, de Nord-Ouest, le Jura et les Alpes. Ce vent, plutôt frais,  souffle par rafales.

 

Certains vents portent un même nom traduit dans la langue de la région, par exemple le Mistral, bien connu qui signifie "maître" se dit Magistrau sur le bord de l'étang de Thau, Maestrale en Corse, Maestral dans le Roussillon.

D'autres ont pris le nom de la direction d'où ils soufflent comme le Nordet (vent qui souffle du Nord-Est), on le trouve aussi sous le nom de Norde, le Suroît (qui souffle du Sud-Ouest), le Levant (Est), le Ponent, ou Ponente ou encore Pounent (Ouest)... La Balagère, au pays Basque, vent du Sud (effet de foehn), amène la douceur. L'Albe, vent du Sud-Ouest, précède l'orage dans le Roussillon.

La Burle est le nom local de la Bise dans l'Ardèche.

Le Grec, vent du Nord-Est, souffle sur les régions méditerranéennes. C'est le Grecale en Corse, le Gregau dans l'Hérault.

Le Sirocco (ou Siroc), vent chaud de Sud-Est, qui souffle plus particulièrement sur la région méditerranéenne et en Corse, n'atteint que très rarement le Périgord. Il est cassé par les reliefs pyrénéens. En 1972 il est parvenu jusqu'à nous en véhiculant du sable rouge. 

La Tramontane. Vent de Nord-Ouest froid, sec et violent qui souffle dans le Languedoc et le Roussillon.

La Traverse, vent d'Ouest sur le Massif Central et la Bresse, de Nord-Ouest sur le Jura et les Alpes, plutôt frais, souffle par rafales.

 

 

Dans le Sahel le vent amène rarement l'eau. Cet écran de sable n'est pas des plus agréable à subir.

 

Il existe des vents sur tous les continents. Presque tous ont une origine s'appuyant sur la langue du pays ainsi  le Haboob provient de l'arabe et veut dire "phénomène". C'est bien, là, l'illustration la plus pertinente de la terminologie du vent. Le Haboob est plutôt un mur de poussière qu'un vent comme tel. On retrouve aussi ce phénomène en Arizona. Il est quelques fois appelé mousson et se produit de la fin avril jusqu'à septembre. C'est une tempête de poussière qui peut atteindre 80 km/h et pouvant excéder 3000 pieds de hauteur. Sa durée peut être de trois heures et il remodèle la forme du terrain. Ce phénomène se produit aussi de mai à septembre au Soudan et en Égypte. Il y a deux types de Haboobs dans le Sahara. Celui du sud est fort, chaud et humide, résultant généralement en tempête de sable. Celui du nord est froid et humide avec beaucoup moins de poussière.

 

* Le blizzard, vent froid accompagné de neige, à proprement parler, serait plutôt un phénomène "banalisé" qu'un vent identifié sur un axe. Le blizzard peut s'inviter un peu partout.


Pierre Fabre.



20/02/2012
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