Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Notre Dordogne aurait pu s'appeler la Ramade.

 

SIORAC-en-PÉRIGORD

 


 

Je vois bien, ma Dordogne, encore humble tu vas : ... Et Garonne, et le Rhône, et ces autres grands dieux,. En auront quelque envie, et, possible, vergogne.  ...

 

[Sonnet d'Etienne de la Boétie].

 

Laisse, laisse moi faire et un jour ma Dordogne,

 

Si je devine bien, on te connaîtra mieux :

Et Garonne et le Rhône et ces autres grands Dieux,

En auront quelque envie et possible vergogne.


 


Début mai la Dordogne, qui pendant un hiver sec est restée à l'étiage, a envahi ses berges comme ici au Buisson. Photo Pierre Fabre.

 

 


La Dordogne un fleuve contesté. Certains l'appellent rivière. La notion de rivière, certes, laisse penser à une paisible enchanteresse de la nature qui s'oppose à la puissance du fleuve. Le verbe, lui, a cette curieuse manie de placer le masculin en "dominateur", tel Mars dieu de la Guerre, laissant à la déesse Vénus la douceur de l'amour. Notre Dordogne, néanmoins, serait, plus logiquement, un fleuve. Le géographe Aimé Perpillou, [né en 1902 à Glanges (Haute Vienne), il décéda en 1976 à Paris] à la charnière des années 50/60, classait notre Dordogne dans les fleuves hexagonaux.

Tout le monde sait que la Dordogne concourt, avec la Garonne, à la formation de la Gironde. Si la Garonne a rang de fleuve la Dordogne aussi. Qui plus est le Mascaret, phénomène naturel très spectaculaire qui se produit sur une soixantaine de sites dans le monde, concerne la Dordogne et permet de surfer en aval de Libourne !

 

Un peu d'onomastique. Contrairement aux apparences, le nom de la Dordogne n'est pas un assemblage récent des noms de la Dore et la Dogne. Son nom vient d'un ancien Durānius, dérivé de la racine préceltique dur-dor- (cf. la Durance, le Douro/Duero, etc.).

Les formes médiévales ont adopté un suffixe redoublé -ononia : Dorononia fluvius (VIeme siècle), Dornonia (VIIIeme siècle) qui évolue en Dordonia (IXeme siècle) par un phénomène de dissimilation donnant ainsi l'impression d'une étymologie *Dore-Dogne.

 

Quelques repères géographiques. Notre Dordogne, officiellement, s'étire sur 483 Km du Puy de Sancy au Bec d'Ambès. Elle prend le huitième rang, eu égard à sa longueur, juste derrière son voisin le Lot. Rappelons, pour mémoire, le kilométrage des grands cours d'eau de notre hexagone. Loire 1012, Seine 776, Rhône 812, dont 545 en France, Marne 525, Garonne 645, dont 523 en France, Meuse 950, dont 486 en France et enfin le Lot 485.

On notera que le premier fleuve côtier, notre voisin, voisin puisqu'il s'agit d'un fleuve, la Charente s'écoule sur 381 Km.

 

Notre Dordogne aurait pu, avec 498 Km, se hisser au septième rang et devancer le Lot mais ne porterait plus le joli hydronyme que nous aimons tant. Elle s'appellerait la Ramade ou le Chavanon*. Ce cours d'eau de 54,2 Km, après avoir reçu la Méouzette, perd sa féminité dans son cours inférieur où la Ramade devient le Chavanon. Cet affluent officiel de notre Dordogne, le deuxième dans l'ordre de sa progression, rencontre sa souveraine à  l’extrémité nord du lac de retenue du barrage de Bort-les-Orgues, dix kilomètres au nord-est de Confolent-Port-Dieu, la plus modeste commune corrézienne. Celle-ci, en ajoutant Port Dieu à son toponyme, rend hommage à une commune noyée, depuis le 1er  mars 1951, sous les eaux du barrage de Bort-les-Orgues.

 

À la confluence du Chavanon et de la Dordogne notre fleuve ne compte que 39 Km mais surpasse, par son débit, son féal.

 

 

Pierre Fabre.




* La ramade est un nom du midi qui signifie ramée, tonnelle de verdure. La ramade peut, parfois, avoir été une taverne ayant un rameau pour enseigne.

 

Chavanon, toponyme ou patronyme, dérive de chavane, variantes régionales Poitou, Berry, région rhodanienne de cabane habitation rurale, a désigné l'habitant d'une cabane.



16/06/2012
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