Fongauffier-sur-Nauze

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Sylvie Braud s'est exprimée sur le piégeage des frelons.

 


Sylvie Braud, présidente de Terre en Vert, surprise, voire choquée, des réactions qui ont suivi le tir dirigé contre les nids de frelons a décidé de réagir.  

  

 

 

 

Bonjour à tous,



J’aimerais ce matin donner de plus amples explications sur l’action qui a été menée cette semaine contre le nid de frelons, situé à Jolimont tout près des ruches pédagogiques installées par notre association Terre en Vert et la Mairie de Belvès.


Tout d’abord le contexte : 


Les ruches pédagogiques sont situées sur une langue de terre appartenant à la mairie entre deux terrains de propriétaires consentants.
Le terrain est très en pente, les acacias sont immenses et les branches sont toutes enchevêtrées, avec un champ plus bas à fort dénivelé.
Après découverte d’un nid de frelon juste au dessus des ruches, avec l’avis d’apiculteurs avisés, nous évaluons la situation. Le nid est très mal placé, très haut, à plus de 25 m, sur une branche peu accessible pour un grimpeur.
Nous faisons venir Dominique Garrouty, apiculteur et ami, qui élimine les nids avec une perche en les brûlant, bénévolement. Impossible, vu la hauteur du nid et la topographie du terrain.

Nous nous renseignons donc pour utiliser la perche de la GDSA qui, en l’occurrence, est, elle aussi, trop courte. Avec danger pour le perchiste à cause des branches, selon Dominique habitué.
Nous ne pouvons pas accéder avec une nacelle dans ce terrain. Trop dangereux également de faire entrer un tel engin.
La décision est prise. Le temps presse. Il faut éliminer rapidement ce nid. Vu la grosseur du nid pas trop importante et la petite taille des ouvrières, les reines sont peut être en formation mais pas encore nées, d’où la décision d’agir rapidement.


Il faut faire la différence entre, tirer en plein jour un coup de feu qui fait éclater le nid, et, tirer des salves qui écrabouillent tout, qui plus est à la tombée de la nuit : il était plus de 21h30. 
Non, la méthode utilisée n’a fait courir aucun risque aux participants. Ils ont pris toutes les précautions possibles. Les tireurs et non les chasseurs, car il n’y a là aucune action de chasse, ont tiré tous ensemble en l’air, très loin de toute habitation, en direction de la vallée, vers un grand champ complètement inhabité. Il faut arrêter de déformer les propos. Ils n’ont pas été courageux mais dévoués. A l’heure où tout le monde était bien installé sur son canapé, ils ont donné leur temps après leur journée de travail, pour trouver une solution à ce fléau. Désolée, ce n’était pas une partie de chasse ni une intervention musclée !!!
Pour répondre aux solutions apportées par les professionnels élagueurs grimpeurs et destructeurs agréés, les tarifs auraient été très élevés, certes justifiés, car il y avait, à cet endroit là, un risque certain. Renseignements pris, il y en avait pour 400 € minimum. Et là personne ne dit rien si des litres d’insecticides sont répandus en pleine chaleur dans l’air sur des frelons qui volent et se sauvent et n’oublions pas que les ruches sont situées pratiquement en dessous. Où va l’insecticide ? Qui le sait ?


Christian Léothier, le maire de Belvès, a pris un arrêté permettant la destruction d’un nid de frelons par armes à feu car, comme nous, il pensait qu’il n’y avait pas vraiment d’autres moyens. Il n’y a là aucune action de chasse. Les articles sont très désobligeants et font preuve de ce racisme ambiant qui n’accepte plus les différences. Ah il est loin le temps de « la Gloire de mon Père » où le petit Pagnol admire son père pour son action de chasse !


Non, il n’y a pas que des chasseurs assoiffés de gibier mais des personnes respectueuses de leur environnement et qui prêtent volontiers leurs compétences pour une bonne cause.
C’est bien attristant que cette action fasse tant polémique. Nous ne nous justifions pas. 


Non, nous n’avons plus autant de frelons devant les ruches mais il y a certainement d’autres nids pas loin et Bernard Malhache, apiculteur lui aussi, correspondant à Sud ouest et présent au moment de la destruction, n’a pas pensé un seul instant, au contraire, qu’il allait déclencher une telle haine. Il voulait seulement mettre le doigt sur ce fléau récurrent que les instances publiques négligent ou du moins minimisent. Le frelon asiatique est classé nuisible danger sanitaire deuxième catégorie, autant dire qu’il n’y a pas de moyens alloués par aucun service de l’état pour le détruire.


Qui a la solution idéale ? Le Rucher du Périgord et l’Abeille Périgourdine ne sont même pas d’accord quant au piégeage des reines au printemps. Qui a tort, qui a raison ? Les intervenants de l’opération à Belvès ont agi en toute bonne foi. Nous sommes désolés que les responsables de ces associations nous jugent sans avoir eu aucune connaissance du véritable contexte. 


Enfin, combien de propriétaires privés détectant un nid chez eux s’abstiennent de le signaler en raison du coût très élevé de l’opération de destruction ?


Personne ne parle de cela.

 
Un peu de courage et ouvrons un vrai débat : qui doit intervenir et avec quels moyens ?


Pour l’instant une poignée d’apiculteurs (dont les tireurs de Belvès) s’investit physiquement dans cette lutte, bénévolement et sans aide aucune. 
Je profite de cet article pour remercier tous les personnes qui nous ont aidés et soutenus.

 

 

Sylvie Braud

Présidente de Terre en Vert

 



02/08/2015
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