Fongauffier-sur-Nauze

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Une rame A.G.C porte désormais le nom du Buisson-de-Cadouin.

 

Le BUISSON-de-CADOUIN

 

Le cent-cinquantenaire de la ligne Périgueux-Agen.

Une rame A.G.C porte, désormais,

le nom du Buisson-de-Cadouin.

 

Samedi 3 août, jour du 150ème anniversaire de la ligne Périgueux-Agen, fut une journée particulièrement chargée.

 

La rame est baptisée.jpg

Au Buisson on est en terre occitane. La rame qui, désormais, porte le nom de cette localité place l'occitan au dessus du français. Le personnage en grand uniforme n'est pas le sous-préfet mais notre ami Jean-Gérard Rebeyrol.

 

Les T.E.R ambassadeur des cités. À 12 h 30 en présence  de Benoît Secrestat, représentant le Conseil régional d'Aquitaine, une rame A.G.C de la série 81000, autorail de grande capacité, a pris le nom du Buissson-de-Cadouin. Ce type de matériel convient parfaitement pour des relations T.E.R comme celle de Bordeaux à Sarlat où l'on connaît des variantes d'occupation avec trois phases successives. Plus on se rapproche de Bordeaux plus il y a de voyageurs… et inversement.

 

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Jean-Gérard Rebeyrol, ancien élève exploitation, élève la fibre ferrovipathe au niveau de la vertu. Pour ce cent-cinquantenaire il a revêtu l'uniforme d'un facteur enregistrant du P.O.  Il faut savoir que le chemin de fer avait quelques similitudes avec l'armée, tant dans le vocabulaire, réseau, section, division, subdivision que par la définition des grades et des fonctions ; ainsi on trouvait des brigadiers, des brigadiers-chefs, des chefs de section, des sous-chefs et des chefs de manœuvre, etc... Le prestige de l'uniforme avait toute son importance dans une société très hiérarchisée et l'exemple du facteur enregistrant, imagé par Jean-Gérard, à la tenue impeccable avec les feuilles de chêne sur la casquette en dit long sur cette discipline qui régnait alors dans le chemin de fer de nos ancêtres. La compagnie du P.O fut dissoute lors de la fondation de la S.N.C.F le 1er janvier 1938.

Le facteur-enregistrant du monde ferroviaire était un personnage qui n'avait strictement rien à voir avec nos amis les populaires facteurs des postes. Tout d'abord rappelons la définition du mot facteur : celui-qui fait, sens ancien et propre qui n'est plus usité. Le sens très large de cette terminologie a donc permis à nos ancêtres de l'emprunter pour des employés de base du service de l'exploitation. On trouvait des facteurs, sans autre épithète, qui étaient des personnes entre autres affectés au traitement des bagages, au pointage des rames, ainsi le pointeur du Landy pendant 8 heures parcourait les 4 Km de voies de service pour saisir les numéros des véhicules. On trouvait des facteurs aux écritures chargés des documents liés au transport des marchandises. Quand ces employés avaient moins de 21 ans on les désignait "facteurs mineurs". 

Poursuivant sa technicité le facteur devenait facteur-mixte après avoir répondu  positivement, lors de l'examen ad hoc, à tout un tas de questions inhérentes aux domaines du transport et du commercial. On disait alors mouvement et sécurité. La promotion suivante le hissait au rang de facteur-enregistrant. Ce facteur là était en effet celui qui enregistrait autant les dépêches que les  bagages.

On devenait facteur enregistrant soit par glissement vieillesse et technicité, soit, pour les anciens élèves, par concours. Certains bacheliers de nos jours, qui pourraient sourire, seraient probablement en difficulté pour passer avec succès les épreuves générales de ce concours. Le facteur-enregistrant de deuxième classe devenait de première classe classe puis facteur-chef ou chef de gare de sixième classe. Certains, parmi les plus hardis, se "frottaient" à l'examen de chef de gare de quatrième classe ou au concours de contrôleur technique mais beaucoup de ces personnels compétents et complets n'y allaient pas pour ne pas s'exposer à la mobilité.  J'ai été un peu, voire trop, long pour expliquer que ces gens passionnés par leur travail auraient pu aller beaucoup plus loin mais ont préféré, avec humilité et sérénité, une vie de famille plus proche du lieu où ils ont choisi de vivre..... 
 
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Le Buisson tient à son historicité ferroviaire. Après ce rituel les officiels ont rencontré le public dans la salle des pas perdus. Le maire, Mérico Chies, a dit, fort justement, que Le Buisson, jadis important nœud ferroviaire, conserve toujours sa fibre cheminote. Il espère que ce rôle perdurera longtemps ; notamment grâce à des améliorations de la qualité de ses T.E.R.
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Philippe Cousinet, représentant le directeur régional aquitain de la S.N.C.F connaît bien Le Buisson où il est venu rencontrer les intervenants du comité de ligne. Il a souligné le rôle associatif de Périgord rail +, collectif présidé par J-François Martinet, qui fait remonter les attentes des clients. Philippe Cousinet sait bien qu'il reste encore beaucoup à faire ; notamment en matière de correspondances. L'étoile ferroviaire du Buisson, qui a connu de très gros travaux, devra encore attendre pour finaliser tous les chantiers et améliorer les temps de parcours.

Pour Benoit Secrestat, selon lui, la région tient ses engagements. Lui aussi s'est accordé à reconnaître la mission d'interpellation de Périgord Rail +.

 

Ce 3 août on était dans le domaine festif mais tout le monde sait que les attentes de la clientèle sont multiples et parfois… contraires.

 

 

Une exposition de très haut niveau. À la salle polyvalente les Buissonnais mais aussi les visiteurs, touristes et vacanciers, ont redécouvert les bijoux qui constituent l'environnement ferroviaire.

 

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Ce chef d'œuvre merveilleusement assemblé par les "ferrovipathes" autour de Jean-Gérard Rebeyrol avait de quoi couper le souffle. Cet assemblage de maquettes, d'objets divers allant du numéro d'un passage à niveau aux agrès des opérateurs nous ramenait au cœur d'une épopée qui a transformé la France profonde.

 

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La maquette a vivement intéressé le public. 

 

Regard sur les trains pas comme les autres. Le soir c'est au cinéma du Buisson que le rail présentait ses capacités à irriguer des points, parfois fort escarpés, comme dans le Massif du Mont Blanc, ou des terres, quasiment à l'altitude 0, comme dans la baie de Somme. C'est Anne d'Abrigeon, la fille de Bernard d'Abrigeon, qui est venue parler des travaux cinématographiques de son père coréalisateur, avec François Gall des "Trains pas comme les autres".

 

Mérico Chies et Anne d'Abrigeon.JPG

Mon vieux camarade et ami Mérico Chies a eu, la veille du 4 août, le privilège de disserter, lors du pot amical, avec Anne d'Abrigeon.

 

Pour Anne deux traits majeurs ressortent de ces films ; l'attachement au service public et l'aventure humaine de ces documentaires.

 

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Il n'y a pas si longtemps notre hexagone était maillé par un réseau ferroviaire complet découlant de l'Étoile Legrand et du plan Freyssinet. Ce réseau souffrait d'une erreur historique. On a voulu, à cette époque, que tout converge vers Paris et, ce faisant, on a négligé les transversales. Bordeaux-Vintimille, Calais-Bâle et Nantes-Lyon font figure d'exception et, les deux dernières, ont pâti de l'arrivée du T.G.V... la troisième a disparu.

 

La concurrence routière a mis à mal notre réseau qui, aujourd'hui, paraît largement en recul par rapport à son apogée.

 

Elle est loin l'époque où tous les points de l'Hexagone trouvent une gare à moins de 20 Km. Ribérac a perdu sa sous-préfecture en 1926 et sa gare vingt ans plus tard ! Jean-Gérard conserve précieusement la vieille malle de sa famille étiquetée pour Ribérac.

 

 

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Encore une suggestion insolite de l'assembleur farfelu de ce blog ; à l'attention de Claudine Le Barbier, Alain Maury, Serge Orhand, Jean-Pierre Lavialle, Jean-Bernard Lalue et Jean-Pierre Riehl.

 

Notre  canton va choir dans les poubelles de l'histoire républicaine. Est-ce un bien ou un outrage à notre historicité locale je laisse nos concitoyens en juger. Pour affirmer son lien ancestral je proposerais à nos élus de réunir leurs énergies et de proposer qu'un train prenne le nom unificateur de "Val de Nauze".

  

 Pierre Fabre

 



06/08/2013
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