Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Dans l'antre de la Terre.

 

Regard sur le Souterrain de Latrape

Connu sous  le microtoponyme de Tunnel du Got.

 

 

 

Les Contrôleurs des ouvrages d'art de la S.N.C.F inspectent régulièrement les ouvrages de leurs secteurs. Raymond Rochais est, pour son territoire, approximativement la Dordogne, le Lot & Garonne et le Libournais, ce personnage, inconnu du public, qui se soucie de la fiabilité de ces ouvrages ; il en va de la sécurité des circulations et naturellement de celle des voyageurs et du personnel qui pilote ou escorte les trains mais, aussi, du personnel de maintenance des chantiers.


 

Raymond Rochais, cadre de l'Équipement, 56 ans, est le contrôleur des ouvrages d'art  de notre secteur géographique. Il est rentré comme apprenti à Saintes, à l'âge de 17 ans, et  a gagné sa position par examen interne. Après 39 ans de bons et loyaux services il va prendre sa retraite au cours de l'été.

 

 

Raymond, lors d'un contrôle ponctuel sur le terrain, a bien voulu me faire la faveur, plus qu'exceptionnelle et très informelle, de jeter un coup d'œil, sous sa protection, sur l'ouvrage souterrain le plus long de la ligne entre Paris et Agen. En m'accordant ce privilège il ne savait pas qu'il me permettait de réaliser un bien vieux rêve ; atteindre et voir la source phréatique de la Nauze. Cette source s'épanche dans une rigole vers la sortie nord du Souterrain de Latrape [voir photo ci-dessus]  et rejoint le cours  supérieur de la Nauze au niveau du Pont de Salles.

 

 

Les souterrains sont ponctués de niches permettant au personnel des chantiers de trouver un refuge lors des passages des trains. Un siècle de traction vapeur a maculé de noir la belle pierre de l'ouvrage.

 

Quand le commun des mortels emprunte une passerelle, un pont, un viaduc, un souterrain, souvent, très souvent, il ignore tout des opérations de surveillance de cet ouvrage ; tout au plus il peste quand, pour sa sécurité, l'ouvrage est fermé à la circulation pour permettre les opérations de maintenance. Pour que ces opérations aient lieu il faut, tout d'abord, identifier les virtuelles faiblesses et c'est là que le rôle du contrôleur prend toute sa pertinence.


 

La cheminée d'aération nord. Il y en avait quatre en tout. Aujourd'hui il n'en reste plus que deux. Ces cheminées avaient cette forme car il arrivait que les malheureuses bêtes de somme soient descendues ou montées par ces cheminées. Si pour les hommes c'était un travail dangereux et pénible pour ces malheureux animaux, qui recevaient comme salaire de généreux coups de bâtons, imaginons leur effroi.

 

Pour un souterrain, essayons de bannir le tunnel substantif d'Outre Manche, on n'imagine pas la vigilance qu'il faut avoir. Cela va des congères qu'il faut maîtriser lors des  périodes froides à la surveillance de la voûte et des parois soumises en permanence aux forces de la nature. N'oublions pas, non plus, le phénomène de l'érosion des pierres qui supportent la corrosion, même si elle est lente. N'oublions pas non plus que les souterrains, comme tous les ouvrages d'art, apparaissent vulnérables faces aux forces de la nature ; séismes, forts glissements de terrain… Ils ont donc besoin de surveillance et d'entretien. Toutes les surveillances et la meilleure maintenance n'empêchent cependant pas la nature d'être la plus forte ; souvenons nous, le 16 juin 1963, la voûte du souterrain du Rove, percé en 1927, pour les flux maritimes, pour franchir l'Estaque, s'est effondrée.

 

 

 

Pour Raymond toute sa gestuelle est, en permanence, sécuritaire. 

 

 

 

Il faut veiller à ce que les drains ne soient pas obturés.

 

 

Les souterrains sont propices à la formation de stalactites.

 

 

Une plaque souvenir. A priori on lit mai 1860. Est-ce la jonction des deux équipes ?

La catastrophe qui coûta la vie à quatre mineurs s'est produite en 1861, ce ne serait donc pas une plaque "In memoriam".

 

Un repère I.G.N. La corrosion a gommé, comme pour le repère de l'entrée, les indications. 

 

Raymond découvre la plaque recouvrant la source.

 

 

C'est depuis cette conduite que pendant un siècle les eaux du souterrain filaient par gravité à Belvès. Cette prise d'eau est, désormais, abandonnée. 

 

 

La plus haute source pérenne, à ciel ouvert, de la Nauze à Cabirat.

 

Photos Pierre Fabre.



19/05/2013
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