Fongauffier-sur-Nauze

Fongauffier-sur-Nauze

Le Valech toujours à la peine.

 

CARVÈS-SAGELAT

 

 

 

C'est sous cet édifice, d'une approximative architecture néo-romaine, érigé il y a un peu plus d'un siècle, que les élus de St Laurent ont voulu, tout à la fois, préserver des souillures, notamment animales, la source du Valech et sacraliser ce bien patrimonial de la nature. Presque un temple réservé à une divinité !

 

Dans la page du 19 décembre "Le Neufond vient de repartir... mais pas le Valech", par une nouvelle alerte, le blog voulait rappeler, une fois encore, la fragilité de nos cours d'eau.

 

 

 

Le 7 janvier 2012 les pluies ont favorisé la "renaissance" du haut Valech. Hélas la faiblesse de l'épanchement ne lui a pas permis d'atteindre Ecoute-s'Il-Pleut, lieu de sa confluence avec le Neufond.

 

Les précipitations automnales, certes insuffisantes pour pourvoir les nappes phréatiques, mais, tout de même correctes ont permis, progressivement, à nos cours d'eau de repartir. Ainsi la Nauze, rassembleuse de ses tributaires, a retrouvé son niveau normal de début d'hiver.

Une exception à la règle, mais qui n'est pas franchement une nouveauté, le Valech, appelé, par dérive, ou remotivation comme le dirait l'érudit Jean Rigouste, la Vallée, demeure toujours à la peine. Le Raunel qui ne connaît pratiquement jamais d'intermittence totale, à l'exception des très sévères sècheresses de 1949 et de 2010, s'est réamorcé au cours de l'automne ; tout comme la Beuze.

 

 

 

Nous sommes au coeur de l'hiver 2005, le 4 février. Les limpides ondes du Valech et du Neufond vont se mélanger pour quelques semaines encore. Dans cet assemblage complexe d'Ecoute-s'Il-Pleut, il y a guère plus de 50 ans, les propriétaires du moulin, désaffecté de son mécanisme meunier,  produisaient encore leur électricité hydraulique et écologique.   

 

Le particularisme du Valech. Premier affluent, par la longueur de son creuset, 11,5 km de St Laurent à la confluence de la Tute, le Valech a, depuis les années 40, soit en 41 ou 42, perdu, et bien perdu, sa pérennité. Le Valech comptait jadis trois moulins hydrauliques, le Moulin de Gaugeard, le moulin de Soulié et le moulin de Grives avant de rencontrer, à Écoute-s'Il-Pleut, son adjacent moins fragile, le Neufond, à peine plus court que lui, mais qui, lui, n'avait qu'un moulin celui de la Rouquette, plus généralement identifié, moulin de Lestang.

Cette présence minotière hydraulique atteste que le ruisseau contribuait, par sa force, à la motricité des meuneries. Plus parlante encore, la restitution par les plus anciens, de la vie aquatique du Valech où l'on péchait les écrevisses, les truites, les goujons et les vairons.

 

Le Valech connaît donc, depuis bien des décennies, des intermittences et celles-ci, hélas, sont de plus en plus longues. Il arrive même que les plus longues dépassent, sur les segments les plus fragiles, le cap d'une année entière.

La dernière réanimation, sur toute la longueur du Valech, se fit au bénéfice de l'abondante fonte des neiges de la saison 2010/2011.

Depuis quelques jours le Valech est reparti sur son cours supérieur mais la puissance de son écoulement ne lui permet pas de rejoindre son tributaire. Le segment le plus sensible, disons, pour faire simple, des Cabannes à Écoute-s'Il-Pleut, demeure toujours à sec.

Les variantes du siècle, au niveau des précipitations, ne permettent pas d'établir la causalité de ces interruptions. La problématique mettrait en relief plusieurs facteurs. Retenons d'abord le non entretien du lit, "à vieux bords et à vieux fonds", prestation prescrite par les us et coutumes. C'est pendant la guerre, avec, naturellement, moins de forces vives agricoles sur le terrain que la pérennité prit fin. Viendraient ensuite l'obsolescence de certains chemins ruraux qui reliaient les faîtes collinaires aux vallées, l'abandon de la maintenance de certains fossés, le creusement de niches abreuvoirs à même le talweg favorisant les pertes,  la modification parcellaire des terrains, débouchant sur des espaces plus vastes, ce qui a sacrifié bien des haies, le recul des feuillus hautement régulateurs, parfois remplacés par des conifères inesthétiques, par ailleurs destructeurs des sols, les forages, de plus en plus nombreux, la création de lacs collinaires et les pompages libres.

 

Puissions nous espérer que ce siècle trouvera des militants de la trempe d'Elzéard Bouffier*, voir le texte ci-dessous, pour éviter que nos cours d'eau, tour à tour, deviennent des oueds ! 

 

* L'homme de lettres, haut-provençal, Jean Giono, écologue avant l'heure, s'est attelé, avec son imagination romanesque, vers 1953, à la rédaction d'une nouvelle, peu connue en France, néanmoins traduite en treize langues, "L'homme qui plantait des arbres". Son héros Elzéard Bouffier n'était qu'un personnage inventé, un peu comme notre frondeur Jacquou le Croquant, d'Eugène Le Roy, mais le but,  faire aimer à planter des arbres, ce qui était, depuis toujours, une de ses idées les plus chères, a été atteint par ce séduisant personnage imaginaire. Giono a même du écrire au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, X Valdeyron, en 1957, au sujet de cette nouvelle. Ce fonctionnaire avait cru qu'il s'agissait d'un personnage réel. La puissance du mythique avait franchi la frontière de l'imaginaire du réel.

 

Texte et photos Pierre Fabre.

 

 


 

  

 

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11/01/2012
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